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Réforme des retraites: vers un bonus pour ceux qui partent après 62 ans?

Pour financer le système des retraites, le Haut commissaire en charge de la réforme Jean-Paul Delevoye propose un dispositif pour inciter les Français à partir après 62 ans. Chaque année de travail supplémentaire pourrait faire gagner une surcote de 3% à 5% sur la pension.

Les futurs retraités qui liquideront leurs droits après 62 ans pourraient bénéficier d'un "coefficient majorant" leur pension de 3% à 5% par année de travail supplémentaire. Cette incitation à retarder le départ à la retraite des salariés figure dans un document de travail du Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye.

"Plus l'âge de départ (sera) tardif, plus la retraite devra être mieux valorisée", estime Jean-Paul Delevoye dans ce document transmis aux partenaires sociaux et dont l'AFP a obtenu copie.

Dans le futur "système universel" voulu par Emmanuel Macron, la pension serait calculée en fonction du nombre de points accumulés tout au long de la carrière, sans tenir compte des trimestres cotisés et donc sans référence à l'actuel "taux plein" ni aux mécanismes de décote et de surcote.

62 ans resterait l'âge "minimal"

Mais l'exécutif veut maintenir un âge "minimal" de départ à 62 ans et inciter les Français à travailler au-delà. Pour "celui qui a travaillé jusqu'à un âge plus tardif", réduisant d'autant la durée de sa retraite, "un coefficient majorant doit s'appliquer à la liquidation", affirme le Haut commissaire. Cette nouvelle surcote gonflerait le nombre total de points "de 3% à 5% par année supplémentaire en activité", avance-t-il.

Le montant en euros des pensions serait calculé selon une valeur du point identique "pour tous les assurés l'année de leur départ", mais elle pourrait évoluer par la suite selon l'espérance de vie.

Car si les Français passent plus de temps à la retraite, il faudra soit "financer cela par des recettes supplémentaires, donc par la hausse des cotisations", soit contenir la progression de la valeur du point à un rythme "inférieur" à la croissance économique, prévient Jean-Paul Delevoye.

Jean-Christophe Catalon avec AFP