BFM Business
Union européenne

Pour attirer les retraités étrangers fortunés, l'Italie leur garantit des impôts ultra-légers

Une plage dans le village de Marzamemi en Sicile.

Une plage dans le village de Marzamemi en Sicile. - Ludovic Marin - AFP

Dans son budget 2019, l'Italie a instauré une taxe unique de 7% sur les revenus pour les retraités étrangers qui viennent s'installer dans le Sud du pays. Ces recettes seront affectées au financement des universités locales.

On savait la concurrence fiscale rude en Europe pour attirer les entreprises étrangères, mais les retraités fortunés aussi ont droit à des traitements de faveur. À l'initiative d'un sénateur de la Ligue (extrême droite), le gouvernement italien a inscrit dans son budget 2019 l'instauration d'un taux unique d'imposition sur le revenu, ou flat tax, de 7% pour les retraités qui viennent s'installer dans le sud de la péninsule. Pour un contribuable français, veuf, divorcé ou célibataire, cette offre n'a donc d'intérêt que si sa retraite dépasse 2100 euros. Et elle ne lui permettra de faire des économies substantielles qu'avec des revenus supérieurs à 3000 euros par mois.

Cet avantage fiscal, valable cinq ans, est accordé sous certaines conditions. Pour y avoir droit, les retraités doivent emménager dans une commune de moins de 20.000 habitants de l'une des régions du Mezzogiorno (Sicile, Sardaigne, Pouilles, Calabre...) détaille Il Sole 24 Ore. Les recettes dégagées par cet impôt seront affectées au financement des universités locales. L'objectif est aussi d'inciter les retraités italiens, partis vivre à l'étranger, à rentrer au pays.

Le dispositif portugais remis en cause

Une idée déjà expérimentée depuis des années par le Portugal. qui a véritablement déroulé le tapis rouge fiscal aux retraités. Contournant les accords bilatéraux qui permettent d'éviter la double taxation des revenus, le fisc portugais exonère purement et simplement les retraités étrangers pendant dix ans sauf s'ils ont fait carrière dans la fonction publique. Ces derniers doivent vivre au moins six mois dans le pays, d'affilée ou non, pour obtenir le statut de résident fiscal.

L'idée de passer sa retraite au soleil, dans un pays où le prix de la nourriture est en général 25% moins cher que dans l'Hexagone, le tout sans payer d'impôt sur le revenu a séduit des Français. Le nombre de ressortissants tricolores qui se sont installés au Portugal a augmenté de 35% en 2017, sachant qu'environ six expatriés français sur dix ont plus de 60 ans, selon l'ambassade de France à Lisbonne

Mais le fisc français n'apprécie pas cette optimisation fiscale et deux décisions du Conseil d'État, rendues en 2015, devraient lui faciliter la tâche lors de contrôles fiscaux. Les pays nordiques ne sont pas non plus enchantés par le système portugais. Estimant perdre entre 3 et 6 millions d'euros par an, la Finlande a mis fin à son accord bilatéral avec le Portugal en juin. 

Au Portugal, ce dispositif d'attractivité ne fait pas que des heureux. Les professionnels du tourisme voient leur clientèle augmenter. Ce secteur pèse 7,1% du PIB portugais et est à l'origine de près d'un emploi sur cinq dans le pays au sens large (emplois directs, indirects et induits), selon une étude du Trésor français. En revanche, les habitants se plaignent de la flambée des prix de l'immobilier, qui ont pris 7,5% en 2017, dont 20% à Lisbonne sur le dernier trimestre, d'après Le Figaro.

Jean-Christophe Catalon