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ISF, réforme des retraites, taxe Gafa: les mises au point de Mounir Mahjoubi

Mounir Mahjoubi n'est plus secrétaire d'Etat chargé du Numérique car il s'est déclaré candidat pour prendre la mairie de Paris.

Mounir Mahjoubi n'est plus secrétaire d'Etat chargé du Numérique car il s'est déclaré candidat pour prendre la mairie de Paris. - Ludovic Marin - AFP

Pour le secrétaire d'État au numérique, il n'y aura pas de report de la réforme des retraites et rien n'empêchera la création de la taxe Gafa. Au sujet de l'ISF, il prévient que son retour pourrait avoir de lourdes conséquences, mais appuie les demandes de justice fiscale et d'une meilleure répartition des richesses.

"Ecoute et fermeté". Ce sont les deux mots que Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique martèle depuis plusieurs jours. Pour lui, si l’État doit être intransigeant avec les éléments violents du mouvement des gilets jaunes, il ne peut ignorer des revendications "légitimes". Invité de Radio Classique ce lundi matin, le secrétaire d'État donné sa position sur trois dossiers qui font polémiques même au sein des députés de la majorité: le rétablissement de l'ISF (impôt de la Solidarité sur la fortune), un report de la réforme des retraites et la création de la taxe Gafa.

"Dans le grand débat, on remet sur la table la justice fiscale et sociale, mais ce n’est pas un débat sur l’ISF", prévient Mounir Mahjoubi, mais il ajoute aussitôt qu'il comprend cette demande. "Les Français ne comprennent pas que les plus riches concentrent entre eux la majeure partie du patrimoine et des revenus. Il faut une plus grande justice, une meilleure répartition".

Selon un sondage Ifop publié ce dimanche dans le JDD, plus de deux tiers (77%) des Français et 60% de sympathisants LREM sont favorables à son rétablissement. Ce lundi , à l'antenne de BFMBusiness, Aurore Bergé, députée LREM de la dixième circonscription des Yvelines, affiche fermement son opposition au retour de cet impôt.

"Il y a plein de façon de créer plus de justice sociale"

Pour Mounir Mahjoubi, le retour de l'ISF peut avoir "des impacts très graves sur l’économie et en termes d’investissements si on le remet en place". Il rappelle par ailleurs que d’autres leviers peuvent être activés pour mieux répartir la richesse. "Un think tank propose plutôt de revenir sur les frais de succession, d’autres de créer de nouvelles tranches d’impôts sur le revenu, d’autres encore disent de revenir sur la TVA. Il y a plein de façon de créer plus de justice sociale. Il faut discuter des conséquences et des opportunités de chacune de ces réformes".

Mounir Mahjoubi est par contre resté ferme sur le calendrier de la réforme des retraites, répondant à Olivier Damaisin, député LREM de la troisième circonscription de Lot-et-Garonne qui propose de reporter le projet. "L’enjeu n’est pas de repousser la réforme des retraites qui est une réforme d’égalité", a fermement répliqué le secrétaire d’État.

Concernant la taxe Gafa, Mounir Mahjoubi est également inflexible. "C’est une taxe sur le chiffre d’affaires généré en France depuis le 1er janvier 2019", a-t-il rappelé. "Il faut maintenant qu’on la vote, qu’on la construise. Mais l’engagement est ferme y compris s’il n’y a pas de vote européen". Pour l'année en cours, elle pourrait représenter une recette de 500 millions d'euros.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco