BFM Eco

Jean-Paul Delevoye prêt à démissionner si l’âge légal de départ à la retraite est reculé

Jean-Paul Delevoye

Jean-Paul Delevoye - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le Haut-commissaire en charge de la réforme des retraites aurait mis sa démission dans la balance sur la question de l'âge de départ à la retraite. En cas de recul de l'âge légal, "il en tirerait les conséquences", a assuré son entourage.

Jean-Paul Delevoye va-t-il claquer la porte? C’est en tout cas la menace brandie par le Haut-commissaire en charge de la réforme des retraites. Selon Le Canard Enchaîné, l'ancien patron de la commission d'investiture de LaREM serait prêt à démissionner si le gouvernement décidait de reculer l’âge légal de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans.

Mardi, l’entourage de Jean-Paul Delevoye n’a pas caché l’exaspération de ce dernier: "M.Delevoye attend une clarification du gouvernement sur un éventuel recul de l'âge de départ à la retraite, en dehors du cadre des travaux et de la concertation qu'il mène sur la réforme des retraites", a commenté l’un de ses proches.

Avant de préciser: "Il n'a pas pour autant posé d'ultimatum au gouvernement, mais si les engagements pris devant les partenaires sociaux concernant l'âge minimum étaient remis en cause, il en tirerait les conséquences", a-t-on ajouté. Selon Le Canard enchaîné, il aurait déclaré à des proches: "plutôt partir que faire ça".

Confusion

Si Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite pendant sa campagne, plusieurs membres du gouvernement ont récemment laissé planer le doute. À commencer par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn qui ne s’était pas dit "hostile" à retarder l’âge légal, avant de rétropédaler quelques jours plus tard.

Lundi, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, avait affirmé "qu'indépendamment de la réforme Delevoye", "il y a une question de savoir si on fait une réforme d'âge". "Je l'ai déjà dit. Indépendamment de la réforme Delevoye, je suis plutôt favorable".

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a entretenu le flou ce mercredi, affirmant dans Les Échos qu’il y’avait un "débat sur l’allongement de la durée de travail". "Ne le fermons pas, il a été ouvert et fait partie du grand débat", a-t-il poursuivi. Jean-Paul Delevoye a toutefois reconnu qu'il y avait "une confusion autour de l'âge", après que le gouvernement a ouvert la porte à un allongement de la durée de travail pour financer la future réforme de la dépendance.

Le Gendre démine le terrain 

Malgré ces multiples déclarations, le maintien de l'âge légal, fixé à 62 ans, a été "confirmé, tant part le Premier ministre (Édouard Philippe) que par la ministre de la Santé (Agnès Buzyn)" et "le contrat que nous avons engagé avec les partenaires sociaux ne change pas d'un iota", avait souligné le 21 mars Jean-Paul Delevoye sur France Inter.

L'âge légal de la retraite à 62 ans "ne bougera pas", a encore promis ce mercredi Gilles Le Gendre, chef de file des députés La République en Marche, pour tenter de clore la polémique. Interrogé par Europe 1, il a dit partager, ainsi que le groupe LaRem, "l'exaspération du président de la République", Emmanuel Macron, après les "ballons d'essai" lancés par plusieurs ministres sur ce sujet.

Paul Louis avec AFP