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"J'arrive en cours 2h en retard": la galère des usagers du TER, avec le début des travaux entre Gap et Valence

Les collectifs d'usagers peinent à se satisfaire des solutions de substitutions proposées par le gouvernement et la SNCF le temps du chantier, dont le coup d'envoi a été donné ce lundi. Plusieurs élus locaux demandent l'organisation d'un "débat".

Neuf mois. C'est le temps que dureront les travaux prévus entre la Drôme et les Hautes-Alpes, sur la ligne empruntée par le train de nuit Paris-Briançon. Le coup d'envoi du chantier, qui se tient plus précisément entre Aspres et Livron, a été donné ce lundi. Il vise à remettre à neuf 34 km de voies.

Jusqu'au 11 décembre, la route remplacera donc le rail avec un système de bus de substitution. Pour cette première, les passagers du petit matin, essentiellement des lycéens, ne cachaient pas leur préférence pour le train.

"Je préférais prendre le temps, ça permet de travailler plus. Dans le car, avec les virages, c'est plus compliqué et c'est plus lent aussi", explique l'un d'entre eux. Un autre résume la situation: "aujourd'hui je pars plus tard et j'arrive en cours deux heures en retard".

Douze heure de bus pour un Briançon-Paris

Du côté des associations d'usagers, on s'alarme de ces solutions offertes aux Haut-Alpins pour pallier l'absence du train de nuit.

"La seule chose que l'on a comme réponse, c'est 'Nous avons prévu l'organisation de la substitution par un train entre Paris et Modane (en Italie, NDLR) et un bus pour relier le Briançonnais'", a indiqué Franck Gatounes, membre du Collectif ferroviaire de l'Étoile de Veynes, sur BFM DICI ce week-end.

Pour un Briançon-Paris, ou un Gap-Paris, il faut désormais compter environ 12 heures de car. "Il faut bien mesurer que c'est un bus qui va mettre plus de douze heures. Ces gens-là, je les invite gentiment à se mettre dans un bus pendant douze heures. Et qu'ils me disent ce qu'ils ont ressenti au bout de douze heures", peste encore Franck Gatounes.

Un courrier adressé aux ministres

Le Collectif ferroviaire de l'Étoile de Veynes, mais également l'association Mobilités Alpines, assurent pourtant avoir indiqué au gouvernement et à la SNCF que d'autres solutions étaient envisageables.

"Nos propositions, c'était un passage du train de nuit par Cavaillon, Pertuis puis Briançon, affirme Franck Gatounes. Aujourd'hui, le train de nuit arrive à 8h20 à Briançon. Et nous, dans la proposition qu'on faisait, on arrivait à 9h48".

Ces collectifs ont reçu le soutien de différents élus du département, maires comme députés, de même que celui du président du Conseil départemental, Jean-Marie Bernard. Dans un courrier adressé à Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, et Barbara Pompili, en charge de l'Environnement, et consulté par Le Dauphiné Libéré, ils demandent "de toute urgence" une "réunion de pilotage" pour trouver une solution plus adéquate ainsi qu'un "débat contradictoire".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions