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Anne Hidalgo veut "privilégier" les taxis, les VTC font part de leur colère

Interdits d'emprunter la rue de Rivoli, les chauffeurs VTC estiment être stigmatisés par la mairie de Paris et Anne Hidalgo, qui a déclaré qu'il fallait "privilégier les taxis".

Plusieurs dizaines de chauffeurs VTC - ou véhicule de tourisme avec chauffeur - ont manifesté lundi devant la mairie de Paris. La cause de leur colère: la fermeture depuis plusieurs semaines de la rue de Rivoli, où la piste cyclable a été agrandie et où seuls restent autorisés les bus, taxis, véhicules d'artisans ou encore les véhicules d'urgence.

Interrogée sur BFM Paris lundi soir à propos du mécontentement des chauffeurs VTC, la maire de Paris Anne Hidaldo a assumé sa décision, déclarant "qu'il faut privilégier les taxis parce qu'ils font partie du service public des transports" dans la capitale.

"Il faut aussi que les chauffeurs de taxi puissent vivre. Ils payent très cher leur possibilité d'exercer, ils ont une formation. On est dans une profession qui nécessite un certain nombre de prescriptions avant de l'exercer", a également fait valoir la maire.

"Madame Hidalgo est totalement mal informée"

Une déclaration qui fait bondir les VTC, qui voient dans la décision de fermer la rue de Rivoli une concurrence déloyale. Invité de BFM Paris ce mardi, Arnaud Desmettre, secrétaire général de l'association des VTC, a accusé la maire de Paris de "stigmatiser" cette profession.

"Madame Hidalgo est totalement mal informée et a pris partie clairement en stigmatisant les VTC de manière réductrice", a-t-il jugé. "Ses propos sont choquants (...) Elle gère ses dossiers dans l'ignorance sur une base d'idées préconçues ", a-t-il ajouté, mettant en doute la "gestion impartiale" de la ville par Anne Hidalgo.

Aux yeux d'Arnaud Desmettre, les quelque 30.000 VTC qui exercent à Paris devraient avoir accès à la rue de Rivoli. "On ne comprend absolument pas pourquoi on est refusés", explique-t-il, disant craindre par ailleurs que la nouvelle organisation de ce grand axe parisien se pérénise, comme le souhaite Anne Hidalge. "Cette mesure qui devait être temporaire sur la rue de Rivoli tend à se démocratiser sur d'autres routes de Paris", précise le secrétaire général de l'association des VTC.

Le référé déposé par 200 VTC contre la décision de la mairie centrale de leur fermer la rue de Rivoli a d'ores et déjà été débouté. Mais les chauffeurs promettent d'autres actions pour plaider leur cause et leur grève entammée lundi est reconductible jusqu'à mercredi soir, 20h. Pour tenter d'obtenir gain de cause, Arnaud Desmettre a également invité ce mardi Anne Hidalgo à "un débat ouvert avec un représentant VTC".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions