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Essai - Hyundai Kona, SUV compact en armure et prêt pour l'avenir

Avec ses passages de roue qui se prolongent autour des feux à l'avant et à l'arrière, le premier SUV urbain de Hyundai assume un look de baroudeur.

Avec ses passages de roue qui se prolongent autour des feux à l'avant et à l'arrière, le premier SUV urbain de Hyundai assume un look de baroudeur. - JB

Avec ses protections bien visibles, le Hyundai Kona s'offre un look de baroudeur des villes. Le premier SUV compact de la marque coréenne arrive sur un marché très concurrentiel mais avec de sérieux atouts... dont une future version 100% électrique qui prévue pour la fin 2018.

2017 restera à coup-sûr comme la grande année des SUV urbains! Si ce segment des citadines montées sur échasses a réellement démarré en 2009 avec le Nissan Juke, il s'est affirmé depuis 2013 avec le Renault Captur et dans une moindre mesure le Peugeot 2008. Le succès rencontré par ce qui restent des Clio et 208 version XL a fait des petits et on ne compte plus les marques à sortir leur SUV urbain ou compact depuis la rentrée dernière.

Dans la foulée du Kia Stonic (que nous vous proposions récemment à l'essai), et en attendant le Volkswagen T-Roc, la grosse nouveauté de cette fin d'année, le coréen Hyundai arrive avec le Kona. Et une philosophie bien différente de sa marque sœur. 

Le Hyundai Kona affiche 4,17 mètres de long, soit 3 petits centimètres de plus que son cousin Stonic. L'empattement atteint lui les 2,60 mètres.
Le Hyundai Kona affiche 4,17 mètres de long, soit 3 petits centimètres de plus que son cousin Stonic. L'empattement atteint lui les 2,60 mètres. © Hyundai

Mais pourquoi le Hyundai Kona?

Entre Hyundai et Kia, les philosophies diffèrent. Le Kia Stonic adopte en effet un positionnement tarifaire plutôt agressif (prix de départ à 16.990 euros), en misant sur un bon rapport qualité-équipements-prix afin d'attirer un public jeune. Un compromis permis notamment par la réutilisation de la plate-forme de la Rio. Pas de recyclage pour le Kona qui inaugure une nouvelle base technique, ce qui permet notamment de proposer au lancement une version transmission intégrale et, fin 2018, une version 100% électrique (lire plus loin "LE truc en plus"). 

Résultat: un prix de départ plus élevé que le Stonic, avec un Kona au premier niveau de finition (Intuitive) à 21.400 euros... La version la mieux équipée (Edition #1) démarre elle à 22.900 euros. Un positionnement que justifie aisément Franck Pichot, directeur produit chez Hyundai France:

  • "En moyenne en France, l'acheteur d'un SUV compact dépense 23.500 euros, nous avons donc construit notre offre autour de ce tarif sans chercher à proposer un prix de départ le plus faible possible".

Si la comparaison est évidente avec le cousin Stonic, elle l'est aussi avec un concurrent comme le Citroën C3 Aircross, dont le prix démarre à 16.000 euros, mais peut rapidement grimper de 10.000 euros par le jeu des options.

Hyundai mise également sur sa bonne image sur le segment des SUV. "Si notre part de marché globale en France reste à 1,4%, le Tucson sur le segment des SUV de segment C est largement au-dessus de cette moyenne avec 3,6% des ventes", souligne Franck Pichot. Le Kona s'impose ainsi comme le troisième SUV Hyundai. Le coréen complète ainsi sa cartographie des Etats-Unis, après le Santa Fe (Nouveau Mexique) et le Tucson (Arizona), Kona tire en effet son nom d'un quartier d'Hawaï. 

Peu esthétiques, peu utiles au quotidien, ces passages de roue en plastique donnent cependant un peu plus de caractère au design extérieur du Kona.
Peu esthétiques, peu utiles au quotidien, ces passages de roue en plastique donnent cependant un peu plus de caractère au design extérieur du Kona. © JB

Au volant

Côté style, on se retrouve avec un SUV urbain assez classique dans ses lignes (en comparaison avec le look original du C3 Aircross). Une touche d'exubérance saute toutefois aux yeux: les passages de roue d'ordinaire bien marqués sur les SUV viennent ici se prolonger autour des feux, à l'avant comme à l'arrière. Ce look s'inspire des armures, nous a glissé Hyundai... Les chevaliers de la route devront toutefois rester prudents. Il s'agit avant tout d'un détail esthétique. L'épaisseur de ces moulures en plastique dépasse en effet peu la carrosserie, la protection n'en sera donc que très symbolique en cas de choc. Pour renforcer son caractère, le Kona peut aussi être équipé de jantes alliage bi-ton 18 pouces (photo ci-dessus), au lieu des jantes 17 pouces de série. 

Autre touche à souligner côté design extérieur, la possibilité d'avoir une couleur de toit différente, en noir, à assortir aux 8 couleurs de carrosserie proposée. Cette première chez Hyundai traduit la montée en gamme d'un constructeur passé en quelques années du low-cost à une bonne référence chez les généralistes. 

Le comportement du véhicule reste sain malgré un peu de roulis dans les virages.
Le comportement du véhicule reste sain malgré un peu de roulis dans les virages. © Hyundai

A l'intérieur, on retrouve des équipements et une finition de bon niveau. Seul bémol: s'il y a bien un régulateur de vitesse, il n'est pas adaptatif. Dommage pour un SUV urbain souvent confronté à des ralentissements.

L'affichage tête haute, disponible dès le deuxième niveau de finition, est de bonne qualité. A noter qu'il est possible de le rabattre en cas de gène, ce qui n'était pas possible sur le C3 Aircross de Citroën. Sans décrocher ses yeux de la route, le conducteur peut ainsi avoir sa vitesse, la limitation, la prochaine navigation GPS et si le régulateur ou le limiteur sont enclenchés. Des pop-ups peuvent également apparaître en cas d'alerte collision, ou de la présence d'un véhicule dans les angles-morts.

Comme sur le C3 Aircross, l'affichage tête haute fait partie des options de confort/sécurité les plus intéressantes.
Comme sur le C3 Aircross, l'affichage tête haute fait partie des options de confort/sécurité les plus intéressantes. © Hyundai

Côté conduite, nous avons pu essayer le Kona avec le moteur 1 litre 1.0 T-DGI essence suralimenté 120 chevaux, associé à la boîte manuelle 6 vitesses. Ce 3 cylindres en ligne se montre assez performant. Même s'il peine parfois en côte et se montre un peu bruyant, il se révèle assez réactif. La consommation reste limitée: sur des routes de montagne et avec un rythme relativement poussé, nous avons à peine dépassé les 9 litres aux 100, ce qui reste correct dans ces conditions assez éloignées d'un usage habituel. 

La direction est également agréable, ni trop souple ni trop ferme. Dans les virages, on ressent un certain roulis classique sur ces véhicules relativement haut et à la longueur limitée (4,17 mètres de long et 1.57 mètre de haut pour le Kona) qui n'invite pas à une conduite trop sportive. 

Un deuxième moteur plus puissant, toujours en essence, est aussi proposé au lancement. Il s'agit d'un 4 cylindres 1,6 litre de 170 chevaux associé à une boîte automatique 7 vitesses et aux 4 roues motrices. Si Hyundai ne compte pas trop sur cette version en termes de ventes (la transmission intégrale ne représente qu'une infime part des ventes de SUV en France), il s'agit plutôt d'une question d'image... en attendant les versions diesel et électrique prévues pour 2018.

Le Kona tire son nom d'un district de l'île de Hawaï.
Le Kona tire son nom d'un district de l'île de Hawaï. © JB

LE truc en plus: diesel et électrique bientôt en renforts anti-CO2

Malgré son petit moteur 1 litre 120 chevaux, le Kona n'échappe pas au malus. En 2018, il restera limité à 113 euros (125 g/km de CO2), mais montera à 2.773 euros pour le 1,6 litre 177 chevaux (153 g/km). Si on ne connaît pas encore les futures motorisations diesel, et donc leurs émissions, attendues pour l'été 2018, elles pourraient permettre au Kona d'échapper au malus. Un comble "écologique" pour un SUV urbain et alors qu'une ville comme Paris promet de bannir tous les diesel à partir de 2024...

Heureusement, si le diesel permet historiquement aux constructeurs de réduire leur taux d'émission de CO2 et ainsi répondre à l'évolution des normes européennes, l'électrique zéro émission est un nouvel allié de choix pour mener le combat contre le réchauffement climatique.

  • La nouvelle plate-forme du Kona est en effet compatible avec une architecture 100% électrique (mais pas hybride classique ou rechargeable comme sur la Hyundai Ioniq). La commercialisation de cette version électrique est prévue pour la fin 2018. Deux packs batterie seraient proposés, dont le plus important proposerait une autonomie de 500 km (norme NEDC), mais Hyundai reste encore discret sur les détails techniques.
L'intérieur reste très sobre mais le Kona peut profiter de rappels de couleurs sur les sièges, autour des aérateurs et du levier de vitesse, ce qui apporte une peu plus de gaieté à l'ensemble.
L'intérieur reste très sobre mais le Kona peut profiter de rappels de couleurs sur les sièges, autour des aérateurs et du levier de vitesse, ce qui apporte une peu plus de gaieté à l'ensemble. © JB

LE chiffre: 8 

C'est la taille de l'écran en pouces, ce qui en fait l'un des plus grands de la catégorie. C'est en effet mieux que le C3 Aircross ou le Kia Stonic, autant que le Seat Arona). Pour avoir plus dans un SUV compact, il faut passer au Skoda Karoq ou à l'Audi Q2. Au-delà de sa taille en diagonale, l'écran du Kona présente surtout une bonne définition et se montre réactif au toucher, comme sur l'i30.

Il se présente sous la forme d'une tablette flottante qui jaillit au-dessus de l'aération centrale. Une architecture idéale pour conserver un regard proche du pare-brise, comme sur la dernière Ford Fiesta (récente lauréate du prix 01net.com de la voiture connectée). La tablette se révèle ainsi plutôt bien intégrée à l'ensemble, avec sur les côtés des boutons physiques en guise de raccourcis vers les principales fonctions comme la navigation ou la musique (et un bouton marqué d'une étoile qui peut être personnalisé pour renvoyer vers la fonction de son choix).

  • Cet écran est proposé à partir du deuxième niveau de finition (Edition #1) proposé à 22.900 euros. Pour le premier niveau (Intuitive), Hyundai propose un écran 7 pouces que nous n'avons pas pu essayer. 
La tablette 8 pouces est réactive et comprend la compatibilité Carplay et Android Auto (ici avec Waze à l'écran).
La tablette 8 pouces est réactive et comprend la compatibilité Carplay et Android Auto (ici avec Waze à l'écran). © JB

Notre version d'essai: Hyundai Kona en finition Executive, avec le moteur 1.0 T-DGI (essence suralimenté) 120 chevaux associé à la boîte manuelle 6 vitesses. Prix estimé à 26.850 euros (25.900 euros + 950 euros pour la peinture métallisée avec toit contrasté). 

Julien Bonnet