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Essai - Nouvelle Fiesta: quand Ford divise pour mieux régner

La Ford Fiesta , ici en finition Titanium, est également proposée en ST-Line, Vignale et bientôt en version crossover, l'Active.

La Ford Fiesta , ici en finition Titanium, est également proposée en ST-Line, Vignale et bientôt en version crossover, l'Active. - JB

Dans l'ombre de ses concurrentes françaises Peugeot 208 et Renault Clio, la Ford Fiesta revient pour sa septième génération. Déclinée dans de nombreuses versions, la citadine polyvalente a affûté ses armes en termes d’équipements, de motorisations et de confort. Un compromis séduisant pour ceux qui cherchent une urbaine prête à jouer les routières de temps en temps.

C’est sûr, on préférerait croiser des Mustang à tous les coins de rues… mais il faut se faire une raison, sur le créneau très prisé des citadines, la Fiesta reste le véhicule de Ford le plus courant dans nos contrées. 

Depuis le lancement de la 1ère génération en 1976, la marque américaine en a écoulé au total 18 millions en Europe. La dernière version, lancée en 2008 et restylée en 2012, a affirmé un certain bond qualitatif, notamment en termes de design et d’équipements.

Résultat : une belle carrière, conclue en apothéose. La Fiesta s’est en effet imposé comme le véhicule le plus vendu en Europe tous segments confondus en mars 2017. De quoi assurer un passage de relais sans accro avec la septième et dernière génération que nous venons de découvrir.

Succès en termes de ventes, la Fiesta ne jouit pas d'une grande aura dans la planète automobile. Cette nouvelle version, ici en ST-Line, permet donc de mettre en avant ce petit best-seller de la marque américaine
Succès en termes de ventes, la Fiesta ne jouit pas d'une grande aura dans la planète automobile. Cette nouvelle version, ici en ST-Line, permet donc de mettre en avant ce petit best-seller de la marque américaine © JB

Mais pourquoi la Ford Fiesta ?

En France, la citadine américaine a également un bel historique au compteur. En 2016, elle y représentait une vente sur trois réalisées par Ford. De quoi bien compléter les quelque 1,5 million d’unités écoulées depuis 1976.

Pour cette nouvelle et septième génération, la Fiesta continue de gagner en longueur: elle fait 7 cm de plus que la précédente pour atteindre les 4,04 mètres (soit 48 cm de plus qu’il y a 40 ans). C’est aujourd’hui la dernière Ka+ (le nouveau nom de la Ka depuis la troisième génération) qui joue le rôle de pure citadine dans la gamme Ford. Avec ses 3,93 mètres, elle est en effet à peine plus courte que l’ancienne Fiesta.

Le dessin modifié des feux arrière, plus harmonieux, l'un des principaux changements côté design extérieur.
Le dessin modifié des feux arrière, plus harmonieux, l'un des principaux changements côté design extérieur. © JB

Au volant

La plus longue des Fiesta paraît ainsi bien armée pour affronter ses principales concurrentes en France, les Peugeot 208 et Renault Clio. Avec le succès rencontré par la sixième génération, Ford n’a pas vraiment bousculé les codes côté design: on retrouve quasiment la même bouille à l’avant avec des phares qui s’étendent moins le long du capot. A l’arrière, on note la principale évolution design, là encore il s'agit des phares qui ne remontent plus le long de la carrosserie mais s'arrêtent avant la lunette arrière. D'aspect, cela semble tout de même plus harmonieux. 

Le nouvel intérieur de la Fiesta avec, ici, la tablette 8 pouces.
Le nouvel intérieur de la Fiesta avec, ici, la tablette 8 pouces. © Ford

Une fois à l'intérieur, on constate le principal changement. Fini le tout petit écran rikiki et terré au fond d'un trou sur un tableau de bord noyé dans les boutons. Ford nous propose ici un intérieur bien modernisé, avec sa grande tablette tactile (8 pouces, de série sur la finition haut de gamme Vignale, ou 6,5 pouces en Titanium et ST-Line), bien réactive au toucher. La climatisation garde ses commandes physiques dédiées, sous les aérateurs, ce qui plaira aux allergiques au tout-numérique. 

Le principal modèle que nous avons essayé, en finition ST-Line, était équipé du nouveau moteur essence 3 cylindres 1 litre EcoBoost de 140 ch, associé une boîte manuelle 6 vitesses. Et autant dire que c'est un petit coup de cœur, si le moteur monte rapidement dans les tours (on se retrouve facilement au rupteur), son comportement est assez dynamique pour offrir une conduite relativement sportive. On attend tout de même avec impatience la prochaine ST (voir LE chiffre). Ford a également travaillé sur la sonorité et le moteur fait ainsi entendre sa voix quand on le cherche un minimum.

A noter d'ailleurs que pour une petite citadine, l'intérieur nous a semblé plutôt bien insonorisé. A haute vitesse sur autoroute, nul besoin de monter le son de 40 niveaux ni d'hurler pour se faire entendre de son copilote. De quoi laisser supposer que cette nouvelle Fiesta pourra très bien prendre la route des vacances, pour sortir de son train-train quotidien.

Pour une citadine, la Fiesta ne lésine pas sur les aides à la conduite.
Pour une citadine, la Fiesta ne lésine pas sur les aides à la conduite. © JB

LE truc en plus: des aides à la conduite à foison

C'est encore plutôt rare dans une citadine, mais la nouvelle Fiesta mise beaucoup sur ses aides à la conduite. Le véhicule est en effet recouvert de capteurs, caméras et autres radars pour répondre à toutes les préoccupations modernes. Surveillance de l'environnement proche à 360 degrés et une vision qui peut atteindre 130 mètres devant elle afin d'identifier un potentiel danger sur la route. 

Nouveauté sur le stationnement automatique, le frein d'urgence peut désormais s'activer en cas de risque de collision. Lorsqu'ils terminent leur manœuvre en marche arrière, certains pionniers de cette technologie peuvent en effet avoir la mauvaise surprise de taper le mur avec l'arrière de la voiture... un nouvel exemple de ces assistants qui vous aident sans vous dispenser de bien veiller à ce que tout se passe bien. Ce qui peut créer une certaine confusion entre ce qu'on ne doit plus et ce qu'il faut toujours faire! 

Le toit ouvrant, ici sur une version Vignale, apporte beaucoup en termes d'ambiance à bord.
Le toit ouvrant, ici sur une version Vignale, apporte beaucoup en termes d'ambiance à bord. © JB

LE chiffre: 5

C'est le nombre de versions déjà annoncées sur cette nouvelle Fiesta. Lors de cette première session d'essais, nous avons pu ainsi prendre en main les finitions Titanium (un bon compromis en termes d'options), ST-Line (sport) et Vignale (haut de gamme). La version Active, la Fiesta en mode crossover, devrait être présentée en début d'année prochaine (relire notre article publié au moment de la présentation de ces 4 nouvelles versions en 2016).

Mais nous, forcément, celle que l'on attend au tournant, c'est la version "bombinette", la Fiesta ST. La précédente version sport, la ST200 dans laquelle Ford avait fait rentrer 215 chevaux, était très plaisante et on a donc hâte de découvrir la relève. Ce sera la première fois qu'un trois cylindres sera proposé sur un modèle de la gamme Ford Performance. Et vu l'agrément proposé sur cette motorisation dans notre version ST-Line affichant seulement 140 ch, on peut être confiant sur ce qui nous sera proposé.

Ford avait ramené la ST mais uniquement visible en statique donc pas touche ! Il faudra attendre l'an prochain pour voir ce que la version musclée de la Fiesta a dans le ventre.
Ford avait ramené la ST mais uniquement visible en statique donc pas touche ! Il faudra attendre l'an prochain pour voir ce que la version musclée de la Fiesta a dans le ventre. © JB

Notre modèle d'essai - Ford Fiesta ST-Line avec le 3 cylindres Ecoboost 140 ch et la boîte manuelle 6 vitesses, couleur "Deep Impact Blue" 19.150 euros

Julien Bonnet