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Essai - Hyundai i30, la coréenne qui se prenait pour une allemande

La nouvelle i30 commercialisée cette année par le constructeur coréen Hyundai.

La nouvelle i30 commercialisée cette année par le constructeur coréen Hyundai. - J.B.

La nouvelle version de la compacte star de Hyundai arrive cette année. Motorisation, équipements, qualité perçue, elle se rapproche de plus en plus des standards allemands. Et pour cause: la petite coréenne a été conçue en et pour l’Europe.

En cette journée d’élection en France, la question européenne est au cœur des réflexions dans l’isoloir. Mais s’il y en a bien une qui s’impose plus que jamais comme pro-Europe, c’est bien la Hyundai i30. Etonnant de la part d’une coréenne? Pas vraiment, quand on sait que Hyundai dispose d’un centre de R&D, près de Francfort, et d’une usine à Nošovice (République Tchèque).

La 3e génération vient donc d’Europe centrale, et son pedigree se voit encore plus que sur les précédentes générations. Dès 2007, et la 1ère i30, Hyundai posait en effet les bases d’une réflexion purement européenne sur cette catégorie de véhicule.

La compacte coréenne vise les Peugeot 308, Volkswagen Golf ou encore Renault Mégane. Sans grand succès jusqu'à présent. Cette nouveau génération doit y remédier.
La compacte coréenne vise les Peugeot 308, Volkswagen Golf ou encore Renault Mégane. Sans grand succès jusqu'à présent. Cette nouveau génération doit y remédier. © J.B

Mais pourquoi… la Hyundai i30 ?

Cette nouvelle i30 présentée au Mondial de Paris a de grandes ambitions en France, où Hyundai fête cette année ses 25 ans de présence. Le conglomérat coréen reste d’ailleurs relativement jeune, puisqu’il a été fondé en 1967. Happy 50 Hyundai!

En 2016, la marque a enregistré des ventes records dans l’Hexagone, mais reste encore loin de ses concurrents avec une part de marché de 1,6% en ventes aux particuliers (le SUV Tucson et la plus petite i20 ont représenté les trois quarts des ventes). La i30 en fin de vie a elle bouclé son année avec 1500 ventes au compteur, bien loin des championnes nationales Peugeot 308 et Renault Mégane…

Cette année, Hyundai lance donc une grande offensive sur ce segment C où il n’a pour le moment pas eu de grands résultats. Et la marque a mis le paquet: elle est la seule à proposer 5 types de motorisations sur ce segment: essence et diesel sur cette i30 et hybride, hybride rechargeable et 100% électrique sur la Ioniq.

Hyundai avait lancé la i30 pour la première fois en 2007.
Hyundai avait lancé la i30 pour la première fois en 2007. © J.B.

Derrière le volant

Esthétiquement, cette nouvelle i30 adopte des lignes plus sobres que la précédente de 2012, poursuivant le mouvement d’épuration opéré avec le restylage de 2015.

Les phares sont moins étirés, le dessin de calandre modernisé, et à l’arrière Hyundai a ajouté un becquet laqué. Une recette moderne pour dynamiser l’esthétique, à défaut de pousser les moteurs (pour le moment, patience). On peut donc remercier Peter Schreyer, chef design de Hyundai et Kia et mondialement connu comme le papa d’une certaine Audi TT première du nom. Son dessin sobre se veut plus conservateur et se rapproche ainsi d’une 308. On pourra reprocher un manque de prise de risque à ce niveau, mais vu le succès de la Peugeot, ce choix pourrait s’avérer judicieux.

Dynamique et sobre, les deux mots-clé du design de Peter Schreyer, le designer en chef de Hyundai sur cette i30.
Dynamique et sobre, les deux mots-clé du design de Peter Schreyer, le designer en chef de Hyundai sur cette i30. © J.B.

A l’intérieur, Peter Schreyer fait sobre et efficace, à l’allemande. On n’est pas loin du niveau d’une Golf, la référence, avec notamment un écran positionné idéalement, et un ensemble de boutons assez ergonomique. Seuls quelques détails de finition, autour de l’écran notamment, laisse encore un peu de marge de progression niveau qualité perçue. Le coffre de 395 litres gagne un peu de volume par rapport à la précédente et fait pour le coup mieux que la Golf.

Côté motorisation, notre modèle d’essai était équipé du nouveau 1.4 T-GDi (essence turbo à injection directe) de 140 chevaux associé à la boîte DCT 7 vitesses à double embrayage. Un combiné extrêmement satisfaisant, confortable à faible allure, cette motorisation ne manque pas de reprise si on veut se faire plaisir. D’autant que la nouvelle plate-forme utilisée sur cette nouvelle génération lui donne un comportement routier exemplaire, joueuse mais pas trop et sans grand défaut à lui reprocher.

Dans l'habitacle, Hyundai taquine la référence du segment, la Golf.
Dans l'habitacle, Hyundai taquine la référence du segment, la Golf. © J.B.

"LE" truc en plus: la N

Dans les déclinaisons à venir, plus que le break présenté à Genève, on attend avec beaucoup d’impatience pour début 2018 une fastback (la fameuse mode des "coupés 5 portes" même si on ne valide pas vraiment cette hérésie, un coupé c’est 2, au pire 3 portes), mais surtout la fameuse déclinaison sportive.

Hyundai serait ainsi bien inspiré de le dévoiler au prochain salon de Francfort, en septembre prochain, à quelques kilomètres de son siège européen. Et quand la marque nous dit que la version définitive sera très proche du très réussi concept RN40 dévoilé au dernier mondial de Paris avec de belles promesses côté motorisation notamment, on est juste très impatient de découvrir cette i30 N, premier modèle de la nouvelle gamme N, le GTI de Hyundai.

Diesel, essence, hybride, hybride rechargeable, électrique, Hyundai est la seule à proposer 5 types de motorisations sur ce segment des compactes.
Diesel, essence, hybride, hybride rechargeable, électrique, Hyundai est la seule à proposer 5 types de motorisations sur ce segment des compactes. © J.B.

"LE" chiffre: 0

Comme le barème de la i30: ni bonus ni malus, sur l’ensemble des motorisations proposées. Pas de surcoût à l’achat donc. Pour un bonus, il faudra se tourner vers l’autre modèle Hyundai sur ce segment avec la compacte Ioniq avec sa triple offre électrique/hybride/hybride rechargeable.

Notre modèle d’essai : i30 avec le 1.4 T-GDI de 140 ch avec la boîte DCT-7 et en finition Creative, 29.450 euros. On monte à 30.600 euros avec la peinture métallisée, le pack sécurité et la roue de secours temporaire.

Julien Bonnet