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La guerre des Golf: électrique, hybride rechargeable ou sportives?

Un modèle, quatre philosophies!

Un modèle, quatre philosophies! - JB

Dans la foulée du restylage de la Golf VII, Volkswagen renouvelle également les nombreuses déclinaisons de la reine des compactes. De la e-Golf à la GTE, en passant par les versions GTI Performance et R, à chacun sa Golf!

Quatre essais en un aujourd'hui avec les versions rajeunies des déclinaisons de la nouvelle Golf VII, lancée en mars dernier. Logiquement, Volkswagen renouvelle aussi les variantes de son best-seller: la 100% électrique e-Golf, l'hybride rechargeable GTE et les sportives, GTI Performance et R. Un essai de 0 à 180 g de CO2 par kilomètre, de 136 à 310 chevaux.

Avec son autonomie en hausse de 50%, la e-Golf part mieux armée pour séduire le public.
Avec son autonomie en hausse de 50%, la e-Golf part mieux armée pour séduire le public. © JB

e-Golf, l'autonomie en hausse

Des quatre Golf de cet essai, c'est celle qui a le plus progressé. Volkswagen envisage de devenir numéro un des véhicules électriques d'ici à 2025 en vendant 1 million de zéro émission par an, ce qui représente à peu de choses près le nombre de Golf vendues par la marque allemande en 2016 (toutes versions confondues). Le dieselgate étant passé par là.

Lancée en 2014, la première e-Golf manquait d’autonomie avec seulement 190 kilomètres NEDC (la norme européenne), soit environ 100 kilomètres en conditions réelles. En 2017, la batterie a gagné 50% de capacité pour revendiquer 300 kilomètres NEDC. En conditions réelles, comptez 200 kilomètres en conditions réelles.

Côté équipements, la e-Golf récupère notamment l’assistant à la conduite dans les embouteillages. Dans l'habitacle, on peut cependant regretter l'absence de marqueurs plus visibles de cette identité électrique.
Côté équipements, la e-Golf récupère notamment l’assistant à la conduite dans les embouteillages. Dans l'habitacle, on peut cependant regretter l'absence de marqueurs plus visibles de cette identité électrique. © VW

Le design extérieur reste proche de la nouvelle Golf, avec de subtils détails propres à cette version 100% électrique comme les phares avec un liseré bleu ou le badge "e-Golf" sur la grille avant.

Sans surprise, la conduite se révèle un véritable plaisir, avec une puissance affichée de 136 chevaux et surtout un couple de 290Nm, délivré en une seule fois. On ressent cependant bien le poids des batteries logées dans le plancher du véhicule. Pour les (déjà) nostalgiques du thermique, Volkswagen a eu une bonne idée: à basse vitesse, la e-Golf émet un son pour se signaler auprès des piétons. Si c'est courant sur les véhicules électriques, on se retrouve souvent proche d'un vaisseau spatial comme sur la Renault Zoé, ou au milieu des cigales pour les Autolib'. Ici Volkswagen a choisi... un bruit de moteur!

Autre petit plaisir, jouer avec les 3 niveaux du récupérateur d'énergie (qui prend le rôle de frein moteur lorsqu'on relâche l'accélérateur): une opération qui se réalise en inclinant le "sélecteur de modes" sur la gauche ou la droite, lui redonnant des airs de levier de vitesse.

15.000 euros de plus qu'une Renault Zoé...

Plus confortable et mieux équipé qu’une Renault Zoé, cette nouvelle e-Golf est surtout bien plus chère (il faut toutefois prendre en compte que VW vend la batterie avec le véhicule). Le prix de base s’affiche ainsi à 39.350 euros (15.750 euros de plus qu'une Zoé).

On peut retrancher à ce montant le bonus 2017 à l’achat d’une voiture électrique de 6000 euros, faisant passer la facture à 33.350 euros... si on reste raisonnable niveau options. Pour passer sous la barre symbolique des 30.000 euros, on peut également encore déduire 4000 euros grâce au superbonus mais il faut pour cela mettre à la case un diesel d’avant-2006.

La Golf GTE adopte une face avant légèrement plus agressive que sa cousine 100% électrique.
La Golf GTE adopte une face avant légèrement plus agressive que sa cousine 100% électrique. © JB

Golf GTE, le compromis sport et environnement 

Si l'autonomie limitée et le réseau de bornes de recharge vous donnent encore des sueurs froides, la nouvelle GTE peut s'imposer comme le compromis idéal. Elle récupère le nouveau design et les nouveaux équipements mais reste quasi-identique à la première version. Contrairement à la e-Golf, rien ne bouge en effet côté autonomie 100% électrique. Avec des batteries trois fois plus petites, la GTE peut ainsi rouler 50 km en zéro émission.

Même chose pour les performances, cette e-Golf reste en effet basée sur l'architecture de l'Audi A3 e-tron avec le moteur 1.4 litres TFSI de 150 chevaux associé au moteur électrique de 102 chevaux. Au maximum, la combinaison des deux peut fournir 204 chevaux. En mode GTE, exploitant le meilleur des deux mondes, on est ainsi au volant d'une compacte sportive assez réactive (bien qu'un poil lourde), du fait de la motorisation hybride (elle fait ainsi le même poids à vide que l'e-Golf, avec 1540 kg).

Au-delà de son badge GTE, cette version se distingue par ses deux pots d'échappement à l'arrière.
Au-delà de son badge GTE, cette version se distingue par ses deux pots d'échappement à l'arrière. © JB

Un compromis plus cher que l'électrique

Et après s'être fait plaisir en hybride-dynamique sur les petites routes, on prend plaisir à activer le mode 100% électrique pour se montrer plus discret et moins polluant en ville. A court de batterie? Une fonction permet de consacrer une partie de l'énergie du thermique à la recharge pendant que l'autre vous permet de continuer de rouler. Si ce n'est pas forcément très écolo, de quoi se convaincre que l'hybride restera encore longtemps la solution la plus vivable pour quitter en douceur le monde du 100% thermique.

Pour ce qui est du tarif, la GTE se révèle un peu plus chère que la e-Golf, avec un prix de départ à 40.500 euros, mais avec beaucoup moins de bonus. Là ou la 100% électrique reçoit 6000 euros de subvention, la GTE se contente de 1000 euros (2500 euros supplémentaires avec le superbonus). C'est le prix à payer, même si cette Golf hybride consomme peu et donc émet peu de CO2: entre 36 et 40 g/km (à comparer avec des niveaux entre 102 et 122 grammes pour les Golf "classiques" en essence ou en diesel) .

Si la Golf GTI est proposée avec neuf choix de teintes de carrosserie, le rouge reste sa couleur de prédilection, à choisir lors de la commande, déjà ouverte.
Si la Golf GTI est proposée avec neuf choix de teintes de carrosserie, le rouge reste sa couleur de prédilection, à choisir lors de la commande, déjà ouverte. © JB

Golf GTI Performance, la petite sportive de référence

Le 100% thermique a cependant de beaux restes, comme cette GTI Performance. En plus des nouveaux équipements de la ligne Golf, la belle rouge reçoit surtout 5 chevaux de plus que la première Performance, et 15 chevaux de plus que la GTI "pas performance". Le bloc TSI 2.0 affiche désormais 245 chevaux, 370 Nm de couple pour un 0 à 100 km/h en 6,2 secondes.

Les amoureux de la reine des petites sportives ne seront pas déboussolés. Les codes de la Golf GTI sont là: pommeau de levier de vitesse en forme de balle de golf, sièges baquets en tissu avec la couture écossaise "Clark" ou en microfibre "Honeycomb". Confortablement installé, il ne reste plus qu'à choisir son mode de conduite: "sport" pour rester dans l'esprit GTI, mais aussi "confort" ou "éco" pour une conduite plus souple et sobre. Un mode "individuel" permet également de paramétrer soi-même différents réglages mécaniques.

Sur les petites routes, cette GTI fait la démonstration de ses atouts: avec suffisamment de puissance, un poids limité (surtout par rapport à la e-Golf et GTE, en léger surpoids du fait des batteries) et une tenue de route irréprochable. En mode "sport", le 4 cylindres ronronne à l'accélération et invite à se faire plaisir sur la pédale de droite. Au risque de faire un peu bondir la consommation, mais on n'achète pas une GTI pour sa sobriété!

Côté performances, il y a donc de quoi faire. Côté prix aussi. Il faut en effet compter sur un prix de base de 36.300 euros, assorti d'un malus de... 773 euros minimum (avec la boîte automatique DSG7).

Entre cette GTI performance, la seule GTI commercialisée sur le marché français, et la nouvelle Golf R... une différence de 65 chevaux, et la transmission intégrale pour cette dernière.
Entre cette GTI performance, la seule GTI commercialisée sur le marché français, et la nouvelle Golf R... une différence de 65 chevaux, et la transmission intégrale pour cette dernière. © Volkswagen

Golf R, la championne

Pas suffisants les 245 chevaux de la Golf GTI Performance? Reste la Golf R. La plus bestiale des Golf gagne elle aussi en sportivité avec 10 chevaux supplémentaires, affichant désormais 310 chevaux. La transmission intégrale est toujours de série, contrairement à la GTI uniquement en traction. Le 0 à 100 peut ainsi être expédié en 4,6 secondes. Autre réjouissance, une nouvelle ligne d'échappement Akrapovic, plus légère, apporte une sonorité encore plus chantante (avec le pack sport qui sera disponible un peu plus tard dans l'année). 

Avec de tels arguments, cette Golf R reste une référence de conduite plaisir et sportive. Nous avons pu la tester sur le principal circuit de l'ïle de Majorque sur un parcours relativement technique avec de nombreux virages en dévers pour bien bousculer cette nouvelle Golf R qui a fait preuve d'un comportement irréprochable, même lorsqu'on cherche à la pousser dans ses retranchements. La transmission intégrale rattrape en effet le moindre faux-pas, ce qui peut d'ailleurs être frustrant pour ceux qui recherchent davantage de sensations (on rappelle que nous l'avons testée sur circuit). On reste donc sur une conduite plaisir, mais "à l'allemande" avec un comportement joueur sans être hasardeux. 

Pour acquérir la plus puissante des Golf, le tarif démarre à 43.980 euros en trois portes avec la boîte manuelle BVM6. Mais avec des émissions de CO2 de 180 g/km, le malus explose à 7073 euros (!!) soit un prix total de 51.053 euros.

La nouvelle Golf R prête à jouer les tueuses sur circuit... et dans votre portefeuille.
La nouvelle Golf R prête à jouer les tueuses sur circuit... et dans votre portefeuille. © JB

De la véritable utilisation du bonus-malus

La Golf GTE représente le bon compromis entre notre conscience environnementale/économique (émettre moins c'est aussi consommer moins) et notre penchant pour la sportivité. Mais à partir de 40.000 euros, il faut tout de même avoir un budget pour s'offrir ce compromis... 

Mais pour ceux qui disposeraient d'un budget plus large, l'idéal serait donc de disposer à la fois d'une e-Golf, avec une autonomie suffisante pour le quotidien du commun des automobilistes, et d'une Golf R en version break (photo ci-dessous), pour les départs en vacances en famille et la conduite plaisir.

Bon, ok, il faut alors être prêt à dépenser près de 90.000 euros pour ce garage Golf parfait. Mais au moins le bonus de la Golf électrique couvrira une partie du malus de la Golf de course. C'est donc ça, la véritable incitation du système bonus-malus! Mais pour ce budget, et si vous êtes prêts à passer du côté obscur des SUV (c'est la mode après tout), un Q7 e-Tron, dont les prix démarrent à un peu plus de 82.000 euros, semblent pouvoir répondre à tous les besoins. 

Depuis 2015, en plus des versions 3 et 5 portes, Volkswagen décline ainsi sa bête de course en version break, la Golf R Variant. De quoi avoir les atouts d'une familiale et d'une sportive. La Golf R Variant, un break familial de 310 chevaux
Depuis 2015, en plus des versions 3 et 5 portes, Volkswagen décline ainsi sa bête de course en version break, la Golf R Variant. De quoi avoir les atouts d'une familiale et d'une sportive. La Golf R Variant, un break familial de 310 chevaux © Volkswagen
Julien Bonnet