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Les îles Féroé vont évaluer la chasse au dauphin après le massacre de centaines de cétacés

Les images de la mise à mort de plus de 1400 cétacés le 12 septembre ont suscité une vive émotion à travers l'archipel et sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement local des îles Féroé a annoncé jeudi évaluer la régulation de la chasse au dauphin après la mise à mort de plus de 1.400 cétacés le 12 septembre qui a suscité une vive émotion à travers l'archipel.

"Le gouvernement a décidé de lancer une évaluation de la réglementation relative à la capture des dauphins à flancs blancs de l'Atlantique", a déclaré le Premier ministre Bárdur á Steig Nielsen, cité dans un communiqué. "Bien que ces chasses soient considérées comme durables, nous allons examiner de près les chasses au dauphin et le rôle qu'elles doivent jouer dans la société féringienne", a-t-il expliqué, distinguant la pêche de cette espèce du "grind".

Plus de 1400 cétacés tués

Tradition ancestrale aux Féroé, territoire autonome danois en mer du Nord, le "grind" ou "grindadrap" consiste, en les encerclant, à acculer avec des bateaux un banc de mammifères marins dans une baie. Ils tombent alors entre les mains de pêcheurs restés à terre, qui les tuent avec des couteaux. Leur viande est alors destinée à la consommation.

Il s'agit habituellement de globicéphales, appelés aussi dauphins-pilotes noirs (globicephala), mais dimanche plus de 1.420 dauphins à flancs blancs, dont la chasse est également autorisée, ont été capturés de la sorte dans un fjord près de Skala, au centre de l'archipel.

"Les îles Féroé ont franchi la ligne rouge"

En moyenne, quelque 600 cétacés sont pêchés chaque année aux îles Féroé.

"Il est depuis longtemps reconnu au niveau international que les captures de globicéphales aux îles Féroé sont durables et que le stock de globicéphales dans l'Atlantique Nord-Est est abondant", a souligné le communiqué qui déplore une situation "exceptionnelle" le 12 septembre de part le nombre de bêtes capturées, ce qui a entraîné une mise à mort plus lente.

Pour le journaliste Hugo Clément, "les îles Féroé ont franchi la ligne rouge avec ce massacre [...] je ne sais pas si on se rend bien compte de l'impact sur la biodiversité". L'ONG écologiste Sea Shepherd, qui combat le grind depuis de nombreuses années a dénoncé une "effroyable" "attaque contre la nature".

"Si nous avons appris quelque chose de cette pandémie, c'est que nous devons vivre en harmonie avec la nature au lieu de l'anéantir", a dit le PDG de l'organisation, Alex Cornelissen, cité dans un communiqué.
H.G. avec AFP