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"Fluker meurt de faim": WWF dénonce la lente "agonie" d'une baleine amputée de sa queue

L'ONG espère attirer l'attention sur l'impact de l'activité humaine sur les cétacés et réclame la mise en place d'une "zone maritime particulièrement vulnérable" en Méditerranée nord-occidentale.

L'organisation WWF a attiré l'attention, ce vendredi, sur "l'agonie" d'une baleine bleue dans le nord de la Méditerranée; un symbole, selon l'ONG, de l'impact de l'activité humaine sur les cétacés.

Baptisé Fluker, ce rorqual commun, connu par les experts du sanctuaire marin de Pelagos (une zone protégée créée entre l'Italie, la France et Monaco) depuis des années, était déjà reconnaissable à sa nageoire caudale ("fluke" en anglais) à demi-amputée. Mais depuis moins d'un an, la baleine a perdu le reste de sa queue, probablement après "une collision avec un navire ou un enchevêtrement dans un filet", précise le sanctuaire Pelagos.

Le cétacé, aperçu plusieurs fois dans la zone ces dernières semaines - au point que les autorités ont appelé les plaisanciers à ne pas l'approcher -, a été filmé par une équipe du WWF à bord de son bateau Blue Panda.

"Elle est dans un état de maigreur terrible, on sentait qu'elle avait du mal à se déplacer", a indiqué à l'AFP Arnaud Gauffier, directeur des programmes de l'ONG.

Des chances de survie "très faibles"

Le rorqual commun, deuxième plus gros animal au monde après la baleine bleue, utilise sa queue pour se propulser et se nourrit notamment de krill (petites crevettes) en filtrant l'eau quand il nage. Aujourd'hui, Fluker "peut plonger et se nourrir mais beaucoup plus difficilement que normalement, c'est ce qui explique sa maigreur", a souligné Arnaud Gauffier.

"Fluker meurt de faim depuis des mois. Elle puise dans ses réserves mais aujourd'hui, elle est amaigrie, affaiblie, se déplace tout doucement et semble à l'agonie", a précisé le photographe sous-marin Alexis Rosenfeld, auteur des clichés de la baleine, au quotidien Le Parisien.
"Affaiblie" et "amaigrie", les chances de survie de la baleine sont "très faibles".
"Affaiblie" et "amaigrie", les chances de survie de la baleine sont "très faibles". © Alexis Rosenfeld - WWF (twitter)

Fin juin, le sanctuaire Pelagos avait déjà confirmé la présence du rorqual, qui semblait "amaigri" et présentait "de nombreux parasites". À cette époque "Fluker parvenait à se déplacer (environ 100 km par jour), à plonger et se nourrir, bien que difficilement. Cet individu, qui a étonné la communauté scientifique pour ses capacités d'adaptation, avait toutefois une chance de survie très faible", a indiqué jeudi le sanctuaire.

"À l'heure actuelle, toute mise à jour et spéculation sur son état de santé semblerait prématuré", a-t-il ajouté.

Limiter la vitesse des bateaux pour protéger la faune

Dans tous les cas, "ce qui est surtout choquant, c'est le fait que des activités humaines aient pu la mettre dans cet état-là", a insisté Arnaud Gauffier, qui réclame la mise en place d'une "zone maritime particulièrement vulnérable" en Méditerranée nord-occidentale, très fréquentée.

Cela permettrait notamment de limiter la vitesse des navires, et ainsi le risque de collision mortelle avec les cétacés qui tue entre 10 et 40 rorquals communs chaque année dans le sanctuaire de Pelagos selon WWF. L'ONG plaide aussi pour le déploiement de systèmes anti-collision et la mise en place de politiques pour lutter contre les filets de pêche "fantôme" pour limiter les accidents.

Maëllyss Hedin avec AFP Journaliste BFMTV