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Emmanuel Macron insiste ne pas vouloir mettre Marseille "sous tutelle"

Emmanuel Macron, le 2 septembre 2021 à Marseille

Emmanuel Macron, le 2 septembre 2021 à Marseille - Guillaume HORCAJUELO © 2019 AFP

À huit mois de la présidentielle, ce déplacement a été largement commenté, l'opposition de droite concentrant ses critiques sur le bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron à Marseille et au-delà, la gauche demandant que l'État mette plus de moyens dans les services sociaux.

Emmanuel Macron assure ne pas vouloir placer Marseille "sous tutelle", dans un entretien publié samedi par le quotidien La Provence, au lendemain de la visite du président dans la cité phocéenne.

"Ce n'est pas du tout une tutelle, c'est une coopération, une volonté d'aider", assure le président, après ses annonces d'aides importantes pour la deuxième ville de France, notamment pour rénover ses écoles et lutter contre le trafic de drogue.

Un "laboratoire"

Emmanuel Macron a insisté vouloir "tordre le cou" à toute idée de mise sous tutelle. "S'il s'agissait d'une tutelle, l'État reprendrait des compétences. Ce n'est pas le cas".

"On dit souvent qu'on va régler les problèmes en décentralisant. Vous avez une belle démonstration que la décentralisation ne règle pas tout. Elle est inégalitaire. C'est plus facile de décentraliser quand on est à Cannes qu'à Marseille, parce que les gens ne sont pas les mêmes", a-t-il expliqué.

"Je sais très bien ce que disaient les gens dans mon dos quand je suis arrivé. Il va donner des milliards et puis après on se les répartira", a-t-il lancé, évoquant son suivi du dossier dans les mois à venir et sa volonté de faire de Marseille un "laboratoire".

"Il y aura d'autres drames"

À huit mois de la présidentielle, ce déplacement a été largement commenté, l'opposition de droite concentrant ses critiques sur le bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron à Marseille et au-delà, la gauche demandant que l'État mette plus de moyens dans les services sociaux.

Lors de sa visite, il a aussi évoqué l'aide de l'État pour financer des projets de transports, pour désenclaver les quartiers populaires du nord de la ville, les plus déshérités et touchés par la violence découlant du trafic de drogue.

"Face à la situation de la drogue, on doit assumer de faire du harcèlement policier et judiciaire. Et pilonner, pilonner, pilonner. J'ai dit au maire, on met davantage de policiers, on met des juges, on met de la visiosurveillance en plus, 500 caméras", rappelle-t-il dans cet interview à La Provence.

"Il y aura d'autres drames. C'est inévitable. Et plus on va harceler les réseaux, plus il y aura des drames. Je ne dis pas qu'il y aura le zéro criminalité, cela serait un mensonge, mais on doit l'éradiquer", a-t-il mis en garde.

C.Bo. avec AFP