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Rhône: 183 cheminots exposés à l'amiante déposent plainte contre la SNCF

Près de 200 salariés du technicentre d'Oullins ont déposé plainte au nom d'un "préjudice d'anxiété" après avoir été exposés à l'amiante durant leur carrière. Aujourd'hui, ils disent avoir peur.

Exposés durant toute leur carrière à de l'amiante, 183 cheminots du technicentre SNCF d'Oullins, dans le Rhône, ont déposé plainte contre la société ferroviaire devant le tribunal des Prud'hommes de Lyon. "L'amiante j'en ai vu pas mal, et on en a tripoté très jeunes", raconte au micro de BFM Lyon Christophe Parra, ancien secrétaire CHSCT du technicentre.

Pour Christian Brun, aujourd'hui retraité, le technicentre d'Oullins représente quarante années de sa vie durant lesquelles il a été exposé à l'amiante.

"On savait les risques que ça engendrait, on savait que depuis 1997 c'était interdit mais qu'il y en a encore. Les matériels, les locomotives qui rentrent ont parfois 40 ans. On a posé des questions, la SNCF nous répondait qu'on n'avait rien à craindre de l'amiante blanche", déplore-t-il.

Le retraité assure qu'aujourd'hui encore, les salariés sont toujours au contact de matériels contaminés à l'amiante, notamment de moteurs.

Quinze morts à Oullins à cause de l'amiante

Ces employés ou anciens employés ont déposé plainte contre la SNCF au nom d'un "préjudice d'anxiété". Une quinzaine de salariés ou d'anciens salariés du site d'Oullins sont en effet décédés de maladies ou de cancers liés à l'amiante. Pour les autres, et particulièrement en cette période de crise sanitaire, la peur fait donc partie du quotidien.

"Aujourd'hui, nous vivons avec une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Si on a une douleur thoracique qui dure deux ou trois jours, on se pose la question de savoir si on n'a pas comme nos collègues, qui ont eu un cancer, explique Christophe Parra. On a peur. On vit, et on ne sait pas de quoi sera fait notre avenir."

Une audience de conciliation avait lieu ce début de semaine, mais elle a échoué. "Le sujet de l'amiante à la SNCF est malheureusement un vieux sujet mais la direction nie les faits et veut surtout échapper à ses responsabilités", assure Laurent Aubeleau, représentant régional CGT Cheminots.

Un procès pourrait ainsi se tenir dès l'année prochaine. L'avocat de la SNCF a quant à lui demandé à ce que la procédure soit déboutée.

Corentin Marabeuf avec Juliette Mitoyen