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Lyon: un militant écologiste jugé pour avoir décroché un portrait d'Emmanuel Macron

En mai 2019, cet ingénieur informatique de 27 ans avait décroché un portrait officiel d'Emmanuel Macron à la mairie de Villeurbanne. Il comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Lyon.

Pour Charles de Lacombe, les petits gestes du quotidien ne suffisent plus face à la crise climatique. Comme d'autres militants écologistes, il décide en mai 2019 de décrocher un portrait d'Emmanuel Macron dans la mairie de Villeurbanne. Un geste de désobéissance civile qui lui vaut aujourd'hui un procès devant le tribunal correctionnel de Lyon.

Pas de regrets

"Je suis rentré à Lyon à l'été 2018. Juste après, il y a eu la démission de Nicolas Hulot puis la première marche pour le climat. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré Alternatiba", mouvement citoyen luttant contre le dérèglement climatique, raconte cet ingénieur informatique de 27 ans au micro de BFM Lyon.

"J'ai fait pas mal d'actions anti-pub, contre la pollution de l'air", poursuit le militant puis "les choses se sont enchaînées et voilà que j'ai un procès pour un décrochage de portrait".

Malgré les risques encourus devant la justice, Charles ne regrette absolument pas ce geste qu'il justifie. "Ça permet de laisser une place vide dans les mairies qui symbolise le vide de la politique climatique et sociale du gouvernement", avance-t-il.

Un procès en forme de tribune

Avant lui, d'autres militants sont déjà passés par la case tribunal pour avoir décroché un portrait officiel du président de la République dans des mairies. Pour le mouvement écologiste, c'est autant de tribune pour alerter sur son combat.

"Ça permet aussi de faire se questionner les gens. J'espère qu'ils se demandent parfois pourquoi ce type est prêt à risquer sept ans de prison et 100.000 euros d'amende en décrochant un poster qui vaut dix balles sur la boutique de l'Élysée", déclare Charles.

Pour le soutenir, un rassemblement est prévu ce mercredi devant le tribunal. Lors des précédents procès, notamment à Lyon et plus récemment à Valence, plusieurs décisions de relaxe ont été prononcées, au titre de l'état de nécessité et de la liberté d'expression.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions