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Lyon: les agents chargés de la vidéosurveillance regrettent d'être "discrédités" et défendent leur travail

Une caméra de vidéosurveillance. (Photo d'illustration)

Une caméra de vidéosurveillance. (Photo d'illustration) - MARTIN BUREAU / AFP ARCHIVES / AFP

Les agents du Centre de supervision urbain de Lyon, en charge des caméras de vidéosurveillance, ne comprennent pas la multiplication des critiques sur leur travail.

A Lyon, les polémiques autour de la vidéosurveillance se succèdent les unes aux autres. Dernière en date, l'agression de trois policiers dans le quartier de la Guillotière à la fin juillet, qui avait fait l'objet de vifs échanges entre la Ville et l'Etat. En visite à deux reprises à Lyon, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait notamment pointé du doigt, une nouvelle fois, un déploiement trop faible des caméras de vidéosurveillance.

Une "passe d’arme publique" et récurrente que dénonce ce mercredi dans un communiqué la CGT de la Ville de Lyon. Le syndicat relaie la parole des agents du Centre de supervision urbain (CSU) qui pilote les caméras de vidéosurveillance. S'ils "restent impassibles" depuis plusieurs semaines, les agents ont finalement décidé de s'exprimer pour défendre leur travail.

Des délais "trop longs"?

Au centre des critiques: la demande du préfet délégué à la sécurité dans le Rhône, Ivan Bouchier, qui souhaite que le pilotage des caméras de la ville soit possible directement et en temps réel par la police nationale. Une déclaration que les agents ont découvert "avec stupeur".

Le préfet "sous-entend que le délai de réaction du CSU pour transmettre les images pour engager une action policière est actuellement trop long et cela à cause de la manipulation des caméras", s'étonnent les agents.

"Des passes d'armes de partisans politiques"

Dans son communiqué, la CGT de la Ville de Lyon indique que, déjà aujourd'hui, "la réaction, la manipulation et le déport d’images sont instantanés" et que lorsqu’un fait survient, "une ligne directe relie les opérateurs du CSU au Centre d’intervention et de commandement (CIC) de la police".

Les dernières déclarations des représentants de l'Etat jettent "l’opprobre insidieusement sur le travail fourni par les agents du CSU qui répondent depuis plus de 20 ans avec efficacité aux nombreuses demandes quotidiennes des effectifs de police". La CGT rappelle que leur action permet de signaler de "nombreux actes délictuels" donnant lieu à des interventions de la police.

"Ils n’acceptent pas d’être discrédités et d’être le jouet des passes d’armes des partisans politiques, ni que certains remettent en cause leur professionnalisme ou leur efficacité", ajoute le communiqué.

Un tâcle à Gérald Darmanin

Au passage, la CGT s'en prend au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en défendant ces fonctionnaires "attachés au service public".

"N'en déplaise à Darmanin nos fonctionnaires ne laissent pas s'effacer malencontreusement des vidéos comme nous l'avons pu le voir cette année au stade de France lors des incidents de la finale de Ligue des Champions. N'en déplaise à Darmanin nos fonctionnaires sont des professionnels consciencieux"

Les agents se disent aussi "sous pression" avec la réalisation d'un audit confié à l'Inspection générale des services de la Ville de Lyon dont le déroulement doit être "précisé à l'automne," selon Mohamed Chihi, adjoint au maire en charge de la sécurité.

Il s'agira d'étudier l'intérêt des caméras actuellement déployées et l'installation de nouveaux équipements. Selon la Ville, 17 caméras supplémentaires ont été installées sur les 30 nouvelles réclamées par la police nationale, mais ce chiffre a été contesté par la préfecture du Rhône.

571 caméras de vidéosurveillance sont actuellement installées à Lyon, selon le chiffre communiqué par Mohamed Chihi. "Les agents du CSU ne veulent pas [...] être démunis de leur outil de travail", clament-ils dans le communiqué de la CGT.

Amaury Tremblay