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Les restaurants fermés jusqu'en janvier: le patron de l'UMIH du Rhône appelle à la "désobéissance"

Laurent Duc, représentant des restaurateurs et hôteliers dans le Rhône, juge la fermeture prolongée des restaurants "irresponsable". Il appelle à la "désobéissance".

Pour les restaurateurs, il faudra encore patienter avant de rouvrir. Alors que l'ensemble des commerces vont pouvoir à nouveau accueillir des clients à partir de samedi, Emmanuel Macron a annoncé mardi soir la fermeture prolongée des restaurants jusqu'au 20 janvier prochain.

"Si le nombre de contaminations demeurent sous les 5000 cas par jour, les salles de sports et les restaurants pourront rouvrir et le couvre-feu pourra être décalé", a expliqué le Président de la République lors de son allocution pour expliquer les trois phases du déconfinement progressif.

L'UMIH du Rhône appelle à la "désobéissance"

Cette décision a fait bondir Laurent Duc, président de l'UMIH du Rhône, représentant des hôteliers et restaurateurs. Dans le journal Le Progrès, il fustige une décision "irresponsable". "Il faut résister à la bêtise, au non-pragmatisme de l’Etat", exhorte-t-il, affirmant que les restaurateurs "n'ont plus rien à perdre".

Sur BFM Lyon ce mercredi, Laurent Duc maintien son appel à la désobéissance "de façon modérée".

"Le 15 quand on sera déconfiné on va demander à tous les restaurateurs dans les zones commerçantes d'ouvrir et de montrer qu'ils existent. Ils vont mourir", insiste-t-il.

Et Laurent Duc de prendre l'exemple du chef lyonnais Christian Têtedoie, qui pourrait devoir fermer l'un de ses restaurants. "Vu le loyer qu'il peut avoir à payer, c'est pire qu'un hôtelier", souligne-t-il encore. "Aujourd'hui dans les morts du Covid on va rajouter les suicides de certains restaurateurs, de patrons de bars et de boîtes", prévient-il.

Mauvaise nouvelle pour les commerçants

Invitée sur le plateau de Bonjour Lyon ce mercredi, Anne Delaigle, commerçante lyonnaise et porte-parole du collectif "Au nom des indépendants" a dit "comprendre" l'appel à la désobéissance du patron de l'UMIH du Rhône.

"Au bout d'un moment, quand on n'en peut plus, qu'on est acculé, épuisé, sans perspective...combien vont pouvoir tenir?", a-t-elle réagi, pointant du doigt "le gouffre financier" pour les propriétaires et gérants de ces établissements.

Pour cette commerçante, le maintien de la fermeture des bars et restaurants, "qui font aussi le tissu économique d'une ville", est d'ailleurs une mauvaise nouvelle pour tous les commerçants. Sans eux, leur chiffre d'affaires est amputé, assure-t-elle. "Les gens n'ont pas vraiment envie de déambuler dans les rues et ils n'auront pas la possibilité de faire les boutiques comme d'habitude".

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions