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Affaire Arthur Naciri: les deux policiers condamnés à 12 mois de prison avec sursis

Arthur Naciri a perdu neuf dents après avoir été frappé par des policiers en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites

Arthur Naciri a perdu neuf dents après avoir été frappé par des policiers en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites - Bastien Doudaine

L'avocat de la défense a d'ores et déjà annoncé que les fonctionnaires allaient faire appel.

C'est une décision qu'Arthur Naciri attendait depuis longtemps. Deux policiers ont été reconnus coupables ce jeudi de faits de violences volontaires ayant entraîné une ITT de plus de huit jours à l'encontre du jeune homme. Avec, comme circonstances aggravantes, le fait qu'ils sont dépositaires de l'autorité publique et qu'ils ont agi avec une arme.

Ils ont tous deux écopé d'une peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis. À l'issue du procès, fin septembre, dix mois de prison avec sursis avaient été requis contre les deux policiers.

Les dommages et intérêts s'élèvent à 19.000 euros. Ils devront être versés à titre d’avance en réparation du préjudice moral et corporel subi. Une nouvelle expertise aura lieu pour déterminer si Arthur Naciri est bien guéri. La somme pourra être réévaluée en fonction de son état de santé.

Neuf dents cassées

Aucun des prévenus n'a reconnu les faits durant l'audience, l'un expliquant ne pas avoir porté de coup, l'autre démentant avoir frappé la victime au visage. L'avocat de la défense, Me Laurent-Franck Lienard, a annoncé leur intention de faire appel.

Arthur Naciri avait été violemment frappé avec une matraque en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites à Lyon le 10 décembre 2019. Un cortège que le jeune homme disait simplement vouloir traverser au niveau de la place Bellecour.

Bilan: neuf dents cassées, la mâchoire fracturée et la cloison nasale déviée. Le jeune saisonnier avait reçu 21 jours d'ITT et avait dû débourser de sa poche 20.000 euros de frais dentaires.

La difficulté de cette affaire résidait dans l'identification précise du porteur des coups. Si bien que le procès avait été renvoyé quatre fois, la défense dénonçant notamment des "insuffisances" dans l'enquête.

Lucie Nolorgues avec Florian Bouhot