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Lille: Martine Aubry s'oppose à son tour à la légalisation de l'activité des dark stores

Martine Aubry s'est opposée sur Twitter au projet de légalisation de l'activité des dark stores.

Martine Aubry s'est opposée sur Twitter au projet de légalisation de l'activité des dark stores. - AFP

L'édile s'est exprimée sur Twitter contre le projet d'arrêté ministériel qui vise à légaliser l'activité des dark stores. Elle prône un commerce local et de proximité.

C'est un projet qui est loin de faire l'unanimité. Martine Aubry, la maire de Lille, a fait savoir ce jeudi son opposition au projet de texte du gouvernement qui vise à légaliser l'activité des dark stores et des dark kitchens, ces commerces et restaurants sans devanture, destinés à la livraison à domicile.

"Aux dark stores, nous préférons son contraire: un commerce local, indépendant et de proximité", écrit l'élue sur Twitter, dénonçant au passage un projet qui devrait voir le jour "malgré nos demandes d'interdiction faites aux ministères".

Des magasins et cuisines "fantômes"

Ce n'est pas la première fois que la mairie de Lille s'oppose à ces entrepôts "fantômes". En début d'année, la municipalité avait déjà demandé un cadre légal plus strict pour les dark stores et les dark kitchens, dont beaucoup sont installés illégalement.

Arnaud Deslandes, adjoint à la maire en charge du commerce, dénonçait auprès de nos confrères d'actu.fr une "fantomisation" du commerce. "C'est du commerce déshumanisé, de l'ubérisation de l'économie, des droits sociaux qui ne sont pas respectés."

De son côté, le maire de La Madeleine, dans la métropole lilloise, avait alerté en mars dernier sur l'urgence d'imposer un cadre légal aux dark stores.

"Pour éviter que ce soit l'anarchie la plus totale qui préside à l'installation de ces magasins fantômes, qui commencent à naître ici et là et qui mettent en danger nos modes de consommation classiques et en particulier les commerces de proximité", avait-il déclaré au micro de BFM Grand Lille.

De nombreux élus s'y opposent

Développés en particulier pendant le premier confinement, les dark stores et dark kitchens fleurissent désormais un peu partout dans les grandes villes. De nombreux élus locaux s'opposent à ces entrepôts et cuisines, soulignant la concurrence déloyale qu'ils représentent pour les petits commerces.

À Nice, le maire Christian Estrosi dénonçait ces lieux sans devanture qui "tuent nos centre-villes", avait-il écrit sur Twitter. L'édile pointe également du doigt les "nuisances" provoquées par le ballet des scooters de livraison devant ces lieux, tandis que d'autres élus déplorent l'impact que cela peut avoir sur l'environnement.

Des concertations en cours

Le projet d'arrêté ministériel prévoit de considérer les dark stores et dark kitchens comme de véritables commerces, tant qu'ils disposent d'un point de collecte. Une décision qui est loin d'être bien accueillie par les commerçants et élues locaux.

Si beaucoup confirment qu'il est indispensable d'encadrer juridiquement les dark stores, ils demandent une legislation beaucoup plus stricte, qui impose notamment aux dark stores les mêmes contraintes qu'aux commerces classiques.

À Paris, la municipalité s'est aussi opposée au projet d'arrêté ministériel. Sur son compte Twitter, Anne Hidalgo avait accusé les dark stores de "détruire les liens sociaux, la vie de quartier, les droits des travailleurs, pousser à la surconsommation".

Le ministre délégué à la Ville et au Logement avait quant à lui précisé que l'arrêté n'était pas encore définitif et que des concertations étaient en cours.

Laurène Rocheteau