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Samu d'Île-de-France: 2,4 millions d'euros débloqués pour embaucher du personnel

Employées du Samu dans un centre d'appels de l'hôpital Necker, à Paris le 22 mai 2018

Employées du Samu dans un centre d'appels de l'hôpital Necker, à Paris le 22 mai 2018 - Philippe Lopez - AFP

Cette enveloppe a été débloquée après les protestations des huit Samu d'Île-de-France, qui dénoncent un manque de personnel.

L'Agence régionale de santé (ARS) va débloquer 2,4 millions d'euros pour les huit Samu d'Île-de-France. Ces centres dénoncent un manque de personnel pour répondre aux appels au 15, numéro d'urgence, motif pour lequel le Samu de Seine-Saint-Denis sera en grève lundi.

Face à un courrier des Samu franciliens qui pointaient du doigt "le fait qu'il manque des auxiliaires de régulation médicale", "j'ai décidé de débloquer une enveloppe exceptionnelle de soutien à chacun des Samu d'IDF de 300.000 euros, ce qui fait 2,4 millions à l'échelle régionale", a déclaré à l'AFP Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS d'Ile-de-France.

Cette somme, "débloquée sur des crédits propres à l'agence", sera versée "la première semaine de janvier", a-t-il précisé.

"Un nombre d'appels qui augmente"

Aurélien Rousseau reconnaît des difficultés de recrutement, un turnover très élevé dans certains Samu, "comme à Paris et en Seine-Saint-Denis", ainsi qu'un "nombre d'appels qui augmente, par exemple à Paris avec les gilets jaunes".

Il constate également de "vraies disparités d'activité et d'indicateurs de résultats entre les différents Samu", estimant qu'il y a un "travail de fond à faire sur l'organisation".

"La principale revendication porte sur le manque de moyens humains. L'objectif est de répondre à 90% des appels en moins d'une minute, on en est très loin", expliquait samedi à l'AFP le docteur Frédéric Adnet, directeur du Samu en Seine-Saint-Denis. "300.000 euros, c'est satisfaisant mais ça doit être pérenne, afin que l'on puisse embaucher", a-t-il réagi dimanche après l'annonce de l'ARS.

Grève à Saint-Denis ce lundi

Christophe Prudhomme, délégué CGT du Samu 93, a confirmé dimanche à l'AFP la grève annoncée à partir de lundi minuit. "Nous attendons la concrétisation de ces promesses dans le cadre d'un protocole de fin de conflit" avec l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a-t-il dit.

Une réunion de négociation entre la direction de l'hôpital Avicenne-Bobigny -où sont installées les équipes du Samu 93-, la direction de l'AP-HP et la CGT doit avoir lieu lundi "pour prendre toutes les mesures nécessaires pour traduire opérationnellement et le plus rapidement possible le soutien annoncé par l'ARS", a annoncé l'AP-HP dans un communiqué.

Elle précise que "la continuité de ce service public essentiel sera bien assurée ce même jour". L'AP-HP avait fait savoir samedi qu'elle avait déjà accordé au Samu 93 "un renfort de l'effectif pour la période hivernale", en augmentant notamment de trois postes (de 42 à 45 postes) les assistants régulateurs médicaux qui assurent la réponse téléphonique des appels au 15.

Sa. V avec AFP