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Réforme des retraites: les syndicats appellent au blocage des raffineries à partir de ce mardi

La CGT-Chimie a appelé au "blocage total" des raffineries et dépôts pétroliers français à compter de ce mardi et jusqu'à vendredi. Mais les syndicats n'excluent pas de prolonger le mouvement au-delà.

Les syndicats haussent le ton. L’appel au "blocage total" de toutes les raffineries et dépôts pétroliers pour protester contre la réforme des retraites débute ce mardi. La CGT-Chimie qui a appelé au blocage au moins jusqu’à vendredi souhaite qu’aucune "goutte d’hydrocarbures ne sorte des sites pétroliers" français. "Sept raffineries sur huit" seront en grève "à partir de demain pour 96 heures", a encore affirmé lundi Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total. FO a pour sa part appelé à un mouvement illimité.

À la raffinerie Total de Grandpuits, les employés opposés à la réforme des retraites sont mobilisés depuis le 5 janvier. Si les camions n’étaient pas chargés jusqu’à présent, l’approvisionnement pouvait toujours se faire par pipeline. Cette fois, aucun produit ne sortira jusqu’au moins vendredi, assurent les syndicats alors que l’assemblée générale de la raffinerie a voté lundi la poursuite du mouvement.

Prise en compte de la pénibilité

Le dépôt pétrolier de Fos-sur-mer, l’un des plus importants de France, était lui aussi bloqué ce mardi matin, a constaté notre journaliste. Sur ce site est stocké 860.000 mètres cube de produits à raffiner tandis que ce sont habituellement pas moins de 700 camions par jour qui viennent y charger de l’essence ou du diesel.

Les grévistes espèrent obtenir des concessions du gouvernement concernant la prise en compte de la pénibilité de leur travail dans le cadre de la réforme des retraites. "Une grande partie de nos salariés tombent malades après 60 ans. Donc quand on est malade après 60 ans et qu’on doit aller jusqu’à 64 ans, ça veut dire qu’on va avoir quoi comme durée de vie en bonne santé?", s’inquiète Thierry Tordjman, représentant FO à la raffinerie de Feyzin.

Pas de risque de pénurie

Pour tenir, certaines raffineries ont déjà prévu d’organiser une solidarité salariale entre les employés des secteurs stratégiques qui vont arrêter le travail et ceux des services administratifs qui vont continuer d’assurer leur mission, et donc de toucher leur salaire.

De son côté, Total, qui exploite cinq des huit raffineries françaises, a écarté le risque de pénurie en assurant que le mouvement n’aura aucun impact sur l’approvisionnement de son réseau du 7 au 10 janvier, ni "au-delà".

Paul Louis