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Marine Le Pen estime qu'elle peut économiser 16 milliards d'euros par an et explique comment

Marine Le Pen.

Marine Le Pen. - Alain Jocard

Réserver les prestations sociales aux nationaux ou aux étrangers travaillant depuis au moins cinq ans en France, reformer le droit d'asile... La candidate RN à la présidentielle a détaillé ses mesures dans l'optique de la présidentielle.

Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, a détaillé jeudi les 16 milliards d'euros par an qu'elle entend économiser en supprimant ou réduisant les aides sociales pour les étrangers si elle arrive au pouvoir, un chiffrage contesté par des économistes.

"Tout est fait pour dissimuler l'impact financier" de l'immigration, a affirmé Mme Le Pen lors d'un point presse dans son QG parisien, aux côtés de son directeur de cabinet Renaud Labaye, passé par Bercy.

En appliquant sa "priorité nationale", la candidate d'extrême droite considère pouvoir économiser "80,5 milliards d'euros" durant un quinquennat, "16,1 milliards" par an, grâce à "six mesures chiffrées".

Le parti veut "réserver les prestations familiales aux foyers dont au moins un des parents est Français" pour un "gain" de 15,6 milliards durant le quinquennat. Il table sur 21,9 milliards d'économies en réservant le RSA, la prime d'activité, l'allocation adultes handicapés ou les allocations logement aux "étrangers ayant travaillé au moins cinq ans à temps plein".

Pour le RN, "renvoyer les étrangers qui n'ont pas eu d'emploi pendant un an" serait synonyme d'une économie de 5,4 milliards d'euros à l'échelle du quinquennat. Le parti considère que la restriction de "l'immigration familiale", avec une "baisse de 75% des flux annuels" signifierait 2,4 milliards d'euros d'économies de 2022 à 2027.

Marine Le Pen estime encore à 30,7 milliards d'économies sa réforme de l'asile, dont la "fin de l'accueil des mineurs non accompagnés". Enfin, la dirigeante d'extrême droite entend faire 4,5 milliards d'euros d'économies durant son éventuel quinquennat en remplaçant l'aide médicale d'État (la couverture santé des étrangers en situation irrégulière) par une "aide d'urgence vitale".

Des calculs remis en cause

Avant de réduire ces allocations, Marine Le Pen compte, si elle est élue, laisser un "délai de huit mois à un an" pour "permettre aux gens de se retourner". Un cadre du RN a indiqué à l'AFP que ce point presse était une réponse directe à un article du Monde, qui calculait à seulement quelque 6,3 milliards d'euros d'économies par an les propositions de Marine Le Pen en la matière.

Contactée, la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) indique que la totalité des allocations qu'elle verse aux étrangers -prestations familiales, logement, handicapés, RSA, prime d'activité- correspond à "neuf milliards d'euros" par an (chiffre 2019), sans le minimum vieillesse géré par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav).

Plus globalement, l'économiste Lionel Ragot (Paris-Nanterre), spécialiste de l'immigration, juge son impact budgétaire "quasi nul". Car même si les immigrés "sont plus au chômage" et "perçoivent plus d'allocations", ces chiffres sont "compensés" par la "structure d'âge des immigrés qui sont souvent dans la population active et qui cotisent beaucoup", estime-t-il. Un récent rapport de l'OCDE va dans ce sens.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi avec AFP Journaliste BFM Éco