BFM Business

Hexa-X: l'Union européenne lance son projet sur la 6G

Une antenne 4G/5G

Une antenne 4G/5G - GEORGE FREY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Pilotée par le finlandais Nokia, il s'agit de la première initiative officielle de recherche de la Commission européenne sur la 6G, la prochaine norme pour la téléphonie mobile.

Alors que les réseaux 5G commencent à devenir une réalité commerciale dans de nombreux pays d'Europe dont la France, l'UE commence ses travaux sur la norme qui lui succédera, la 6G.

Et cette fois, le Vieux continent n'entend pas partir en retard, ni dépendre de géants étrangers des télécoms (traduction: Huawei). Le programme Hexa-X dont le financement a été voté et qui constitue la première initiative officielle de recherche de la Commission européenne sur la 6G sera ainsi pilotée par le finlandais Nokia (qui rappelons-le a avalé le français Alcatel-Lucent) accompagné d'un consortium de partenaires européens comme Atos, le CEA, Intel ou encore Orange. Il sera officiellement lancé le 1er janvier prochain.

Pour le moment, il s'agit d'identifier "cas pratiques et scénarios 6G uniques, le développement de technologies 6G fondamentales et la définition d'une nouvelle architecture pour une matrice intelligente qui intègre les activateurs technologiques 6G essentiels", selon un communiqué de l'équipementier.

Un lancement en 2028/2030

Pour le moment donc, la spécificité de cette 6G reste assez opaque.

Même s'il y a encore beaucoup d'innovation à venir dans la 5G avec la publication de nouvelles normes, nous explorons déjà la 6G dans notre laboratoire de recherche. À l'ère de la 6G, nous allons voir des applications qui non seulement connectent les humains aux machines, mais également au monde numérique. Les réseaux 6G auront un sixième sens qui comprendra intuitivement nos intentions, rendant nos interactions avec le monde physique plus efficace et anticipant nos besoins, améliorant ainsi notre productivité", explique Peter Vetter, Head of Access Research Lab, Nokia Bell Labs.

Alors que la 5G n'en est qu'à ses débuts, n'est-il pas trop tôt pour plancher sur son successeur? Pour les équipementiers, la réponse est clairement non. Et de rappeler qu'il faut généralement environ 10 ans entre le début de la recherche et la commercialisation d'une nouvelle génération de technologie de communication.

Outre ce programme européen, certains pays ont lancé leurs propres initiatives comme la Finlande avec le programme 6Genesis financé par l'Académie Finlandaise et mené par l'Université d'Oulu, et Horizon Europe Smart Networks and Services, "qui vise à assurer le leadership européen dans le développement et le déploiement des technologies et services de réseau nouvelle génération tout en accélérant la numérisation de l'industrie européenne".

Hologrammes volumétriques

Ailleurs dans le monde, les travaux sont également bien entamés. En Corée du Sud, Samsung vient de publier un livre blanc sur la question et table sur une commercialisation entre 2028 et 2030.

Le géant évoque des scénarios précis d'usage comme la réalité étendue qui combine VR, AR et réalité mixte ou l'hologramme volumétrique mobile le tout avec une vitesse théorique de 1000 Gb/s, soit 50 fois le débit de la 5G et une latence encore réduite (inférieure à 100 microsecondes).

Mais également la mise en place de réseaux plus résilients et plus sobres en terme de consommation énergétique avec l'utilisation de fréquences dans la bande des térahertz (THz).

La Chine de son côté a annoncé la mise en orbite du tout premier satellite expérimental 6G au monde. Cette fois, l'empire du Milieu promet des débits 100 fois plus rapides qu'avec la 5G mais il s'agira surtout de vérifier l'intérêt d'une 6G pour les transmissions d'images depuis l'espace.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business