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Gilets jaunes: les primes d’assurance des commerçants risquent de flamber

Alors que le montant des indemnisations aux commerçants touchés par les manifestations des gilets jaunes est estimé à 200 millions d'euros, les assureurs pourraient répercuter cette charge sur leurs tarifs.

Victimes collatérales des manifestations des gilets jaunes, les commerçants de plusieurs grandes villes de France pourraient bien voir leur facture d’assurance augmenter. Et pour cause, les actes de vandalisme en marge des manifestations ont coûté cher aux assureurs: 200 millions d’euros depuis le début du mouvement, selon une estimation publiée mardi par la Fédération française de l’assurance (FFA).

La quasi totalité de cette somme, soit 175 millions d'euros, a été versée aux entreprises pour indemniser les dégradations et les pertes d'exploitations subies. Les 25 millions d'euros restants ont été consacrés à l'indemnisation de voitures et d'habitations, a indiqué la FFA lors de la présentation des résultats annuels du secteur de l'assurance.

Résultat, cette charge pourrait se répercuter sur les tarifs l’an prochain: "Il y a un risque nouveau qui arrive qui est le risque de vandalisme lié à des casseurs qui désormais viennent tous les samedis casser dans les villes. Les assureurs doivent le prendre en compte dans leur tarification et augmenter leur prime d’assurance. La prime pourrait être multipliée par deux ou par trois", estime Cyrille Chartier-Kastier, spécialiste en assurance et fondateur de "Facts and figures".

"Situation déjà catastrophique"

Si l'augmentation des primes d’assurance se confirmait, ce serait une double peine pour les commerçants dont l’activité tourne déjà au ralenti depuis le début du mouvement. "Ca va faire un peu plus de catastrophe dans une situation qui est déjà catastrophique. C’est une peine supplémentaire dont on se serait bien passé", confie Jean-Baptiste, commerçant sur les Champs-Élysées.

L’avenue parisienne n’est pas la seule concernée. Dans de nombreuses villes en régions, plusieurs rues commerçantes sont désormais classées "à risque" par les assureurs.

Antoine Heulard avec Paul Louis