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Gilets jaunes: la facture pour les commerçants dépasse les 2 milliards d'euros 

Le bilan est lourd pour le secteur du commerce, qu'il s'agisse de la grande distribution ou des magasins de proximité. Le manque à gagner se chiffre à au moins 2 milliards d'euros et 43.000 salariés ont été mis au chômage partiel à cause des blocages et des manifestations.

Lancé le 17 novembre dernier, le mouvement des gilets jaunes s'affaiblit mais laissera chez les commerçants français et leurs salariés un souvenir douloureux. Selon la Fédération du commerce et de la distribution et le Conseil national des centres commerciaux, le manque à gagner s'élèvent à au moins deux milliards d'euros pour les commerçants. Un bilan plus précis devrait être dévoilé en début d'année 2019.

Selon une note de la banque d'investissement Bryan Garnier dévoilée par Les Echos, le manque à gagner est estimé à 150 millions pour Carrefour, de plus de 30 millions pour le groupe Casino et de 17 millions pour Fnac Darty. Chez Auchan, le manque à gagner est estimé à 150 millions d'euros.

Les salariés du secteur ont été touchés de plein fouet. Dans un message publié le 21 décembre sur les réseaux sociaux, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, indiquait que 43.000 salariés ont été touchés par du chômage partiel en raison des blocages. L'Etat a versé 70% de leur salaire, soit 28 millions d'euros.

Les grandes surfaces n'ont pas été seules à subir les mouvements. Pour les petits commerces de centre ville, le chiffre d'affaires a accusé une baisse allant jusqu'à 70% par rapport à celui réalisé en 2017 sur certains week-end et moins 25% sur l'ensemble la période. Certaines communes ont même incité les clients à se rendre en ville pour faire leur courses de Noël en offrant les trajets en transport en commun.

La situation a-t-elle profité aux commerce en ligne? La Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) réfute cet hypothèse en affirmant qu'il "n’y a pas de report des achats sur Internet". Les sites restent discrets sur l'évolution de leur chiffre d'affaires lors de cette période. Amazon assure qu'il n’y a "pas d’impact majeur sur [son] activité" et Cdiscount admet avoir réalisé de "bons chiffres" sans plus de détail.

Fnac-Darty a toutefois reconnu un "indéniable report sur le digital", mais sans le chiffrer. Seul le français Rakuten, (ex-PriceMinister) a brisé le tabou en donnant des précisions sur l'effet gilets jaunes. La hausse a été de 65% certains week-end. La société explique que trois facteurs ont contribué à ce résultat: la progression naturelle du commerce en ligne, mais aussi les blocages des commerces en zones périurbaines et la fermeture des magasins dans les centres-villes.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco