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Fabien Versavau (Rakuten): "Les Français restent chez eux pour faire leur courses de Noël"

Entre blocage des grandes enseignes et fermeture des magasins de centre ville ce samedi, le mouvement des gilets jaunes a boosté les ventes en ligne. Chez le Français Rakuten (ex-Priceminister) la progression a atteint 50% lors du dernier week-end.

Pour le commerce, le mouvement des gilets jaunes a des effets catastrophiques. Dans la grande distribution, les ventes, habituellement en hausse à cette période de l’année, ont reculé jusqu’à 25%, et dans le commerce, le manque à gagner atteint 40%, selon des chiffres dévoilés par Bercy.

Pour leurs achats de Noël, le e-commerce a été privilégié par les Français. Un sondage OpinionWay pour Périfem indique que 56% des Français ont déjà modifié leurs comportements d’achats pour les fêtes de fin d’année et que 43% comptent passer par les sites de vente en ligne pour leurs cadeaux de Noël.

Les leaders du secteur, Amazon, Cdiscount ou Ventes-Privées qui captent à ensemble un tiers du chiffre d’affaires français du e-commerce, sont les grands gagnants, mais ne donnent pas encore de chiffres sur les effets des mouvements sociaux sur leur activité. Fabien Versavau, PDG de Rakuten France (ex-Priceminister) a accepté de nous les dévoiler. Entretien

Fabien Versavau (Rakuten)
Fabien Versavau (Rakuten) © Rakuten

Les manifestations des gilets jaunes ont pénalisé les commerçants traditionnels. Quel effet a-t-il eu dans votre activité?

Ce dernier week-end, les commandes passées sur Rakuten n'ont jamais été si forte. Samedi, la progression a été de 65% par rapport hier au même samedi l’année dernière et on sera à +50% sur l'ensemble du week-end. Cette progression est liée à deux phénomènes. D'abord, la progression naturelle du commerce en ligne qui, avant le mouvement des gilets jaunes était déjà importante. Mais, en effet, elle s'est fortement accélérée avec les blocages des commerces en zones périurbaines et la fermeture des magasins dans les centres-villes. 

Vous remarquez que l’usage du smartphone est en hausse sur les commandes en ligne.

Nous avons fait ce constat. Habituellement, les clients utilisent leur smartphone tôt le matin, passent sur PC dans la journée pour revenir sur leur appareil mobile dans la soirée. Mais durant tout ce week-end, l'usage du smartphone a été inhabituellement prépondérant. Les Français ont certainement fait leurs courses de Noël smartphone en main devant la télé pour suivre les événements.

Étiez-vous préparé à un tel bond de l’activité?

Comme l'ensemble des commerçants, en ligne ou non, mais aussi des consommateurs nous avons anticipé ce phénomène de report de l'activité sur le commerce en ligne. Les grandes enseignes ont annoncé vendredi qu'ils ne seraient pas ouverts samedi. Dès mardi, nous avons alerté nos partenaires, qui sont des magasins physiques, pour se préparer à ce déport. Chez Boulanger, le système de réservation de produits à aller récupérer en magasin "Click and Collect" a augmenté de 300%.

Face à Amazon ou Cdiscount, les deux leaders du commerce en ligne, que pesez-vous sur le marché du e-commerce français?

Nous ne sommes pas dans la même activité. Nous ne vendons rien directement et donc nous n'avons pas d'entrepôts. Nous sommes une place de marché et nous travaillons avec des commerces physiques depuis des petits commerçants de quartier jusqu'à de grandes enseignes, comme Boulanger. Notre modèle a permis leur a permis à nos clients de continuer à vendre malgré les événements.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco