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Gilets jaunes: Amazon, Cdiscount et Ventes-Privées peuvent se frotter les mains

Alors que beaucoup de magasins ont fermé leurs portes ce samedi, soit par peur des casseurs, soit faute d'avoir pu s'approvisionner, les Français envisageaient massivement de faire leurs achats de Noël en ligne.

À trois semaines de Noël, les manifestations des gilets jaunes, organisées chaque samedi dans les centre-ville depuis le 17 novembre, ne pouvaient pas plus mal tomber pour les magasins. Les supermarchés et les petits commerces déplorent déjà un manque à gagner d'un milliard d'euros par rapport à leur niveau de ventes ordinaires à cette période, selon leur fédération. Mais pour le e-commerce, le mouvement des gilets jaunes, c’est Noël avant l’heure.

Ces sites marchands n’ont pas eu à fermer par peur des casseurs, à l’inverse des magasins des centre-ville qui ont gardé portes closes samedi. Pour certains, comme les grands magasins parisiens -Galeries Lafayette, Printemps, BHV Marais, Bon Marché- c’était une première historique à trois semaines de Noël, alors que ce deuxième samedi de décembre représente traditionnellement une des meilleures journées de l’année. D’ailleurs le BHV a envoyé samedi un mail à ses clients abonnés au programme fidélité pour leur rappeler que le magasin serait ouvert ce dimanche.

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BHV © BHV

Les e-commerçants n'ont pas non plus connu les problèmes d'approvisionnement rencontrés par certains supermarchés alors que nombres d'entrepôts étaient bloquées ces dernières semaines.

Du coup, Amazon, Cdiscount ou Ventes-Privées, qui captent à eux seuls un tiers du chiffre d’affaires français du e-commerce, peuvent se réjouir. Même s’il est encore trop tôt pour connaître le niveau de commandes de Français restés confinés chez eux samedi, la semaine dernière, ils étaient 43% à prévoir de privilégier les achats en ligne pour leurs cadeaux de Noël. Selon ce sondage Opinionway pour Périfem menée les 3 et 4 décembre, cette proportion dépassait même les 50% chez les moins de 34 ans.

Cette même étude indiquait que 56% des Français avaient déjà modifié leurs comportements d’achats pour les fêtes de fin d’année. Ainsi 30% d’entre eux reconnaissaient s'être moins rendu dans les boutiques en raison des barrages sur les axes routiers, les centres commerciaux et les grands magasins. Dans les villes moyennes, ils sont même 36% à avoir évité les blocages en boudant le shopping.

Côté commerce physique, outre la casse, les ventes en semaine ont également été pénalisées parce qu’il y a eu "énormément de blocages le lundi et le vendredi", ainsi que "de plus en plus d’entrepôts bloqués". Et donc, à l’arrivée, "des rayons des magasins qui commencent à être vides", se désolait vendredi Jacques Creyssel, de la fédération du commerce et de la distribution dans La Tribune. Avec des conséquences sur l'emploi: la baisse d’emplois saisonniers pour Noël et la mise au chômage partiel des employés des magasins qui n’ont pas pu ouvrir.

Nina Godart