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Tesla: et si le fonds saoudien investissait dans son principal concurrent

La Lucid Air est la première voiture du groupe Lucid Motors, un constructeur de voiture électrique installé en Californie.

La Lucid Air est la première voiture du groupe Lucid Motors, un constructeur de voiture électrique installé en Californie. - TIMOTHY A. CLARY / AFP

Le feuilleton autour du constructeur californien se poursuit. Le fonds public d’investissement saoudien serait en discussion avec Lucid Motors, un constructeur chinois de voitures électriques.

Après sa chute en Bourse de presque 10% vendredi, suite à l’interview poignante d’Elon Musk dans le New York Times, l’action Tesla ne semble ce lundi pas partie pour remonter. En effet, selon des informations de l’agence Reuters, le fonds public d’investissement saoudien serait en discussion avec l’un des principaux challengers du constructeur californien, Lucid Motors. Et ce alors qu'Elon Musk essaierait de s'allier au fonds public d'Arabie Saoudite.

Selon des sources proches du dossier, le fonds saoudien pourrait investir jusqu’à 1 milliard de dollars dans Lucid, avec tout d’abord un premier versement de 500 millions d’euros. Le fonds investirait ensuite régulièrement, en suivant les jalons de production qui doivent amener Lucid, selon ses plans, à produire plus de 100.000 voitures d'ici à 2022. Cette participation amènerait le fonds à prendre le contrôle du constructeur.

Une autre marque californienne de voitures électriques

Cette société avait été fondée en 2007 par Bernard Tsa, un ancien de Tesla, et Sam Weng, un dirigeant venu d’Oracle. Basée en Californie, comme Tesla, elle a présenté la Air en décembre 2016. Ce premier modèle prend la forme d’une rivale de la Model S, une berline haut de gamme, mais un peu moins onéreuse que celle de Tesla. La Lucid Air débuterait plutôt à partir de 60.000 dollars (environ 56.000 euros). Si les réservations sont déjà ouvertes, le constructeur ne fabrique pour l’instant pas encore de véhicule. Financièrement, il a notamment obtenu des fonds du constructeur chinois BAIC, une société publique.

Rien n'indique par ailleurs que le fonds saoudien ne pourra pas investir et dans Lucid Motors, et dans Tesla. La politique du fonds suit la vision de Mohammed Ben Salmane Al Saoud, le nouveau prince héritier à la tête de l’Arabie Saoudite: préparer le pays à l’après-pétrole. Investir dans une marque de voitures électriques en fait donc partie.

Et en dehors de Tesla, les concurrents ne manquent pas, de Lucid Motors, à Faraday en passant par Byton, un constructeur chinois soutenu par la grande marque de l’Empire du milieu FAW. Reste à savoir si il survivra dans cet univers très dur, d’autant plus dur que les constructeurs historiques arrivent désormais sur ce marché de l’électrique premium: Jaguar avec le SIV i-Pace, Porsche avec la Taycan ou encore Mercedes avec l’EQC.

Pauline Ducamp