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Le variant Omicron, un nouveau coup de massue pour les restaurateurs

Vérification du pass sanitaire d'un client à l'entrée du restaurant L'Orangerie, le 18 août 2021 à Bordeaux

Vérification du pass sanitaire d'un client à l'entrée du restaurant L'Orangerie, le 18 août 2021 à Bordeaux - MEHDI FEDOUACH © 2019 AFP

La fréquentation des restaurants et des traiteurs a faibli depuis l'apparition du nouveau variant qui pourrait gâcher la fin d'année des professionnels.

Un coup dur au pire moment. En ce début du mois de décembre, l'arrivée du variant Omicron met les restaurateurs et les traiteurs en difficulté, alors que le secteur se remet à peine des premières vagues du Covid-19. La cinquième vague et la perspective d'une troisième dose nécessaire pour compléter le pass sanitaire face à une mutation du virus dont on ignore encore le danger pèsent déjà sur la fréquentation des restaurants.

"Depuis les annonces de la semaine dernière, les chiffres commencent à baisser", prévient sur le plateau de BFM Business Jocelyn Olive, président de Napaqaro (Buffalo Grill, Courtepaille…). Aujourd'hui, il y a probablement plus d'un demi-million de Français qui ne viennent plus au restaurant. On est dans un métier qui continue d'être structurellement négatif en termes de volumes."

Le télétravail pèse sur les déjeuners

En Ile-de-France, le variant Omicron se fait aussi déjà sentir alors que la fin d'année est souvent une période charnière en termes d'activités et de réservations.

"On voit des premières annulations pour les dîners de fête", témoigne Franck Delvau, président de la section francilienne de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie.

C'est aussi le spectre d'un retour massif au télétravail qui inquiète la profession. "On le voit déjà aujourd'hui, poursuit Franck Delvau. Le vendredi midi était traditionnellement un très bon midi mais ce n'est plus le cas". Le dernier jour de travail est souvent celui choisi par les travailleurs pour rester travailler chez soi.

A cela s'ajoute les règles de distanciation en entreprise, rappelées avec force par la ministre du Travail Elisabeth Borne, qui met un sérieux coup de frein aux déjeuners entre collègues et au pots de fin d'année.

Report des PGE?

"On est un peu à un tournant", prévient Franck Delvau qui rappelle que la filière est en pleine négociation pour remonter les salaires dans la profession. "Surtout, les premiers PGE (prêts garantis par l'Etat) devront être remboursés dès le mois de mars 2022. S'il y a un tassement de l'activité, ce ne sera pas facile." L'Umih demande donc un nouveau report du remboursement des PGE pour éviter le mur de dettes.

Stéphane Manigold, président du groupe Eclore et porte-parole du collectif "Restons ouverts", se montre plus alarmiste.

"On a discuté tout le weekend avec Bercy mais il nous faut de la lisibilité, de la prévisibilité" prévient le restaurateur qui anticipe déjà des couvre-feux.

Selon lui, il faut surtout prévoir une relance des aides comme le chômage partiel, qui doit s'interrompre pour l'hôtellerie-restauration le 31 décembre prochain.

Les prochains jours seront finalement cruciaux pour la filière avec les premiers retours attendus sur la dangerosité du nouveau variant. Du côté des grands cabarets parisiens, les annulations sont encore limitées. "Nous sommes toujours pratiquement au complet" explique-t-on, par exemple, au Moulin rouge. Mais le chiffre d'affaires de la fin d'année se joue maintenant.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business