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Deux milliards d'euros pour l'achat de vaccins en 2022: à quoi vont servir toutes ces doses?

Le gouvernement prévoit un budget de deux milliards d'euros rien que pour les achats de nouvelles doses l'an prochain, soit une centaine de millions d'unités. Bien plus que nécessaire si on se contente d'un rappel pour les plus fragiles, comme il est actuellement prévu.

La campagne de vaccination arrive à un moment charnière. Alors que l'objectif de 50 millions de primo-vaccinés devrait être atteint fin août en France, le plus dur reste à faire: convaincre les plus réticents mais aussi organiser des vaccinations de rappel pour les plus fragiles.

Dans cette optique, le gouvernement a d'ores et déjà prévu un budget de deux milliards d'euros à inclure au Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022, rien que pour l'achat des vaccins. "Une première prévision" souligne-t-on du côté de Bercy, qui rappelle que la "cible vaccinale précise n'est pas encore fixée".

Deux milliards d'euros, cela représente a minima de quoi régler l'achat d'une centaine de millions de doses, en se basant sur le prix d'une dose Pfizer/BioNTech (19,5 euros). Pour autant, cette somme apparaît presque juste pour couvrir la part française des commandes déjà réalisées par l'Union européenne.

Commandes à la pelle

En mai dernier, Bruxelles a ainsi annoncé une commande supplémentaire de 900 millions de doses Pfizer (plus 900 millions de doses en option) pour 2022 et 2023. Les prix ayant augmenté, les 900 millions de doses vont donc coûter 17,5 milliards d'euros aux Etats-membres. Si la répartition d'origine est respectée, la France va donc récupérer 15% de cette commande, soit 135 millions de doses pour une somme de 2,6 milliards d'euros étalés sur deux ans.

De la même façon, l'Europe a commandé 150 millions de doses supplémentaires du vaccin Moderna (21,5 euros la dose) pour 2022 soit 22 millions pour la France. Côté finances, cela coûtera 473 millions d'euros. Et il faut encore ajouter la commande sur trois ans des vaccins Novavax (200 millions de doses) et celle à venir pour le vaccin fabriqué par Sanofi, prévu en fin d'année.

Reste par ailleurs à savoir ce que la France entend faire de ces vaccins. Une partie pourra rejoindre le programme COVAX, destiné aux pays les plus pauvres. Mais la majeure partie des doses servira d'abord aux rappels. Pour le moment, seules cinq millions de personnes, parmi les plus fragiles de la population, sont concernées comme les personnes âgées de plus de 80 ans et les personnes immunodéprimées.

Les moins de 12 ans concernés?

Avec ces commandes, la France a en réalité de quoi réaliser des rappels pour toute la population. Si la question ne fait l'unanimité (l'OMS ne les juge pas nécessaires à l'heure actuelle), les Etats-Unis ont d'ores et déjà annoncé une troisième dose pour tous les adultes à partir du mois de septembre.

L'autre question, c'est celle de la vaccination des moins de 12 ans. Ce jeudi, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a fermé la porte à cette hypothèse. Pour le moment… En réalité, les études cliniques sont toujours en cours, souligne le ministère de la Santé. Les résultats ne sont pas attendus avant la fin de l'année.

Enfin, l'exécutif espère convaincre les derniers récalcitrants à se faire vacciner en 2022 .

Lors des premières commandes, l'Europe s'était félicitée d'avoir obtenu des prix intéressants auprès des laboratoires. Un bon coup commercial tempéré par des commandes qui peinaient à arriver. Cette fois, Bruxelles a préféré voir les choses en grand. Et pour les finances de la France, la facture va s'alourdir. Le gouvernement avait prévu 1,5 milliard d'euros en 2021 pour lancer la campagne de vaccination (en intégrant les coûts opérationnels). Finalement, cela devrait lui coûter 4,6 milliards rien que pour cette année.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business