BFM Business

Le gouvernement va-t-il redécouvrir les vertus de la CSG?

Alors premier ministre, Michel Rocard a inventé la CSG en 1990

Alors premier ministre, Michel Rocard a inventé la CSG en 1990 - -

C’est vers une hausse de la CSG que le gouvernement s’orienterait pour financer la réforme des retraites plutôt qu'une augmentation des cotisations classiques selon Les Echos du 29 juillet. Vraiment une bonne nouvelle ?

La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement renoncerait ainsi à une augmentation des cotisations sociales payées par les entreprises et les salariés pour financer la réforme des retraites.

Cette hypothèse posait un problème majeur: si on augmente les cotisations sociales, on augmente mécaniquement le coût du travail, et on pénalise donc la compétitivité des entreprises.

Ce qui entretiendrait l’image d’un gouvernement qui passe son temps à faire des zig-zag et prend des mesures contradictoires puisqu’on ne peut pas d’un côté vouloir baisser le coût du travail avec des mesures-phares comme le CICE, et de l'autre augmenter les charges des entreprises !

Restent donc la TVA sociale et la CSG. Quelle solution serait la plus pertinente ?

Retour de la TVA sociale ?

La première solution, c’est le serpent de mer de la TVA sociale : baisse des cotisations financée par une hausse de la TVA. C’est pourtant la mesure la plus favorable en terme de compétitivité. Mais problème: la gauche ne veut pas en entendre parler sous pretexte qu’elle est injuste puisqu’elle frappe proportionnellement plus les pauvres que les riches.

Difficile de le contester: les impôts indirects, dont la TVA constitue la plus grosse part, absorbent environ 30% des revenus d’un chômeur en fin de droits, 15% des rentrées d’un smicard, et 7% des ressources d’un cadre moyen, selon le cabinet Epsy. Sauf que moitié des foyers fiscaux paient pas d’IR.

La CSG a commencé à 1,1% !

Reste la CSG. Autrement dit, ce ne sont plus les cotisations sociales qui financeraient cette réforme des retraites, mais l’impôt. Ce serait l’option privilégiée par Bercy, estiment ce 29 juin Les Echos.

Ce très beau prélèvement inventé par Michel Rocard poursuit donc sa brillante carrière : il avait été créé en 1990 pour élargir la base du financement de la protection sociale. Au départ, son taux était de 1,1%. Mais aujourd’hui, il est de 7,5% pour les salariés, un peu moins pour les chômeurs (6,2%) et les retraités (6,6%).

Bon impôt car à assiette large (acquittée par presque tout le monde sauf les très très bas revenus et les titulaires de minima sociaux) et à taux faible. Mais peut-on encore parler de taux faible ?

Autre problème : la CSG ponctionne tous les revenus tout de suite alors que la hausse TVA laisse place aux arbitrages de consommation.

Emmanuel Lechypre