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Parlement européen: le jeu des alliances peut commencer

Image d'illustration du parlement européen lors de la 8ème législature (2014-219)

Image d'illustration du parlement européen lors de la 8ème législature (2014-219) - Frédérick Florin - AFP

D'ici le 24 juin, les nouveaux députés européens devront faire des alliances avec leurs voisins de l'UE afin de constituer des groupes politiques, et de peser dans les débats au Parlement.

751 eurodéputés ont été élus ce weekend, et se préparent à investir le Parlement européen le 1er juillet prochain, pour le début de la 9ème législature européenne. A l'image de l'Assemblée Nationale française, les eurodéputés vont d'ici là devoir se répartir en groupes politiques pour peser dans les débats.

C'est donc l'heure des tractations entre pays et entre eurodéputés pour savoir qui fera partie de quel groupe. Actuellement, il en existe huit, dont les membres pourraient renouveler leurs alliances, ou en créer d'autres avec les nouveaux venus.

Création de nouveaux groupes?

La République en marche (LaREM) ne faisait jusque là pas partie du paysage parlementaire européen. Ses 21 élus sont pour le moment catalogués par Strasbourg dans le groupe "Alliance des Démocrates et des Libéraux", la troisième force parlementaire avec une centaine de députés. Mais eux souhaitent en constituer un nouveau.

"Nous avons prévu de créer un nouveau groupe avec d'autres mouvements qui ressemblent a celui que nous portons", a déclaré le numéro 4 de la liste Renaissance, Jérémy Decerle, sur FranceInfo. Sibeth Ndiaye a d'ailleurs suggéré une alliance avec la liste écologiste de Yannick Jadot ce lundi matin sur BFMTV.

Des tractations de longue date

Côté Rassemblement national (RN), les conservateurs polonais ont déjà exclu toute alliance avec les élus menés par Jordan Bardella, notamment à cause des liens noués entre le RN et la Russie. Mais le Rassemblement national avait déjà bien avancé son travail de tractations au sein de l'Europe avant le scrutin, notamment avec le meeting de Milan le 18 mai. Il avait acté la proximité de Marine Le Pen avec Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, dont le parti d'extrême droite, La Ligue, est arrivé premier dimanche, prenant 28 sièges. Le RN fait pour le moment partie du groupe "Europe des Nations et des Libertés", qui a 58 sièges.

La France Insoumise devrait de son côté intégrer un groupe réuni sous la bannière "Maintenant Le Peuple", avec le parti espagnol Podemos, ou encore les Portugais de Bloco.

Les socialistes français faisaient jusque là partie du groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen. A voir si la liste portée par Raphël Glucksmann - réunissant le PS avec Place Publique, Nouvelle Donne et le Parti Radical de Gauche - prend le même chemin. Les élus Les Républicains font de leur côté partie du groupe Chrétiens Démocrates, premier groupe avec plus de 180 élus, selon les résultats provisoires du Parlement.

Les groupes constitués d'ici le 24 juin

"25 membres sont nécessaires pour former un groupe politique et au moins un quart des États membres doivent être représentés au sein du groupe", explique le site du Parlement européen. Ces nouveaux groupes politiques constitués devront communiquer leur composition pour le 24 juin au plus tard. Nathalie Loiseau sera d'ailleurs à Bruxelles ce lundi, pour commencer les premières tractations. Les autres élus de la liste "vont aller assez vite à Bruxelles", déclare Jérémy Decerle.

Une fois les alliances affirmées et les groupes constitués, "le 2 juillet, la 9e législature du Parlement débutera et les députés se réuniront pour sa session constitutive à Strasbourg", explique le Parlement européen. Ces eurodéputés éliront alors leur "Président, les 14 vice-présidents et les 5 questeurs et décideront du nombre et de la composition des commissions permanentes du Parlement".

Reste la problématique britannique à prendre en compte pour la suite. Les 73 élus d'outre-Manche vont eux aussi intégrer des groupes, sachant qu'ils devraient quitter le Parlement européen une fois le Brexit prononcé. Un scénario (casse-tête) a déjà été pensé: 27 sièges seront alors redistribués aux autres pays, dont 5 à la France. Les 46 restants seront mis "en réserve", en cas d'élargissement de l'UE.

Salomé Vincendon