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Retraites: "si l'âge pivot reste dans la loi, pour la CFDT, c'est non" martèle Laurent Berger

"La question de l'équilibre ne nous désintéresse pas, mais on ne peut pas la traiter par une mesure injuste que cet âge pivot" explique Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

"La question de l'équilibre ne nous désintéresse pas, mais on ne peut pas la traiter par une mesure injuste que cet âge pivot" explique Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. - Martin Bureau-AFP

"C'est non, c'est clair": Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a réaffirmé ce jeudi son opposition à l'introduction d'un âge pivot dans le projet de réforme des retraites. Il préfère discuter du financement "dans un cadre plus apaisé" comme celui de la conférence, dont il reste à discuter de l'organisation demain vendredi.

Alors que se déroule la quatrième journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, le secrétaire général de la CFDT, premier syndicat français, a réaffirmé son opposition à la fixation d'un âge pivot à 64 ans dans un entretien avec l'AFP.

"La question de l'équilibre ne nous désintéresse pas, mais on ne peut pas la traiter par une mesure injuste que cet âge pivot. Si l'âge pivot reste dans la loi, pour la CFDT, c'est non, c'est clair", a-t-il déclaré au 36e jour de la mobilisation sociale initiée le 5 décembre dernier.

'Le financement se traite dans un cadre plus apaisé"

Concernant sa proposition d'une conférence distincte sur le financement des retraites, dont les modalités seront discutées demain vendredi, avec l'exécutif gouvernemental, Laurent Berger s'est justifié: "l'idée était d'avoir une vraie discussion, une confrontation de points de vue pour trouver des solutions au péché originel du projet tel qu'il est aujourd'hui: le mélange d'une réforme de fond d'évolution vers un système universel et d'une réforme paramétrique avec des mesures budgétaires".

Il a ajouté: "on s'est dit qu'il faut décorréler les deux. La question du financement, qui est une vraie question, elle se traite dans un cadre plus apaisé et pas avec une mesure injuste et très contestée".

Il a également démenti toute concertation avec l'exécutif sur l'organisation de cette conférence: "Ce n'est pas du tout monté de toutes pièces. C'est un travail interne à la CFDT, avec les responsables du sujet retraites chez nous."

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait déjà estimé hier mercredi 8 janvier, être "encore loin d'un accord" sur la réforme des retraites malgré un "signe d'ouverture" du gouvernement, qu'il a de nouveau invité à retirer "l'âge pivot de son projet".

"Ce que je demande au gouvernement, c'est qu'on y arrive le plus vite possible, cela a assez duré", a-t-il ajouté, estimant que "la balle" était "dans le camp" de l'exécutif.

Frédéric Bergé