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Retraites: le patron du Medef réclame une "réforme d'équilibre avant de faire une réforme d'équité"

"Pour ça, la mesure la plus équilibrée, la plus juste, c'est l'âge pivot, parce que ça laisse une liberté de choix", estime le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux

"Pour ça, la mesure la plus équilibrée, la plus juste, c'est l'âge pivot, parce que ça laisse une liberté de choix", estime le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux - AFP

Pour le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, trois solutions sont ouvertes, la meilleure étant de "faire travailler plus longtemps les salariés et les fonctionnaires".

Il faut assurer l'équilibre du système de retraites en travaillant plus longtemps avant de pouvoir instaurer une mesure "d'équité" en passant à un système universel par points mettant fin aux régimes spéciaux, a indiqué mardi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. "Il faut une réforme d'équilibre avant de faire une réforme d'équité", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse avant la remise jeudi au gouvernement du rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites (COR).

Or "il y a un problème d'équilibre qui n'est pas l'épaisseur du trait" avec "au minimum 10 milliards de trou financier à l'horizon 2025", estime Geoffroy Roux de Bézieux, alors que selon le COR le déficit du système de retraites devrait s'établir entre 7,9 milliards et 17,2 milliards d'euros à cette date. 

Un âge pivot fixé à 64 ans

"Il y a trois solutions pour résoudre le problème: augmenter les cotisations pour les salariés et pour les employeurs, je crois que ce n'est pas possible. La deuxième, qui est inacceptable, c'est de baisser les retraites, et la troisième, qui est la bonne solution, c'est de faire travailler plus longtemps les salariés et les fonctionnaires", a dit le président de la première organisation patronale française. "Pour ça, la mesure la plus équilibrée, la plus juste, c'est l'âge pivot, parce que ça laisse une liberté de choix", a-t-il ajouté. Cet âge pivot ou "d'équilibre" pourrait être fixé à 64 ans, ce qui signifierait que les salariés partant à la retraite avant cet âge subiraient une décote de leur pension.

"Le gouvernement doit sortir du +en même temps' et de l'attente: on ne peut pas faire une réforme qui se veut la mère de toutes les réformes, une réforme pour 50 ans en l'asseyant sur un régime qui n'est pas équilibré", a martelé M. Roux de Bézieux. "On ne peut pas donner confiance aux gens en leur disant 'oui, il y a un problème financier, mais on ne le résout pas tout de suite'", a-t-il encore dit.

Par ailleurs, "quand on entre dans le régime par points, quelle que soit la durée de transition, qu'elle soit la même pour tout le monde", a demandé le porte-parole des patrons face au débat sur la "clause du grand-père".

"Le climat social en entreprise n'a jamais été aussi favorable"

Geoffroy Roux de Bézieux a aussi rappelé que le passage à un système universel par points répondait à une demande de la CFDT et non du Medef. Sur la grève du 5 décembre à l'appel de plusieurs syndicats contre cette réforme, il relève qu'"on nous annonce quasiment l'apocalypse", mais que "pour autant le climat social en entreprise n'a jamais été aussi favorable".

"Toutes les remontées qu'on a de nos adhérents en entreprise montrent que la conflictualité est en recul, qu'on est probablement à un point bas depuis 50 ans", a-t-il détaillé. "On voit bien des endroits de tension très forts dans le pays, à la RATP, à la SNCF, dans les hôpitaux", reconnaît M. Roux de Bézieux, pour lequel "la responsabilité de l'Etat employeur est engagée".

"Les managers des entreprises publiques ont très clairement des problèmes de gestion forts", d'après lui. "On peut avoir des craintes sur l'activité économique si la grève se propage et dure longtemps, mais c'est un problème d'employeur public", a-t-il souligné.

P.S. avec AFP