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Retraites: Jean-Paul Delevoye confirme que "l’âge légal ne changera pas"

Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites

Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites - Eric FEFERBERG / AFP

Dans un entretien accordé à l'Est Républicain, le Haut-Commissaire en charge de le réforme des retraites assure que l'âge légal de départ ne serait pas reculé. Il reconnaît néanmoins que les déclarations successives au sein du gouvernement ont pu semer le doute.

Il est catégorique. Interrogé ce mardi soir dans l’Est Républicain, le Haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye assure que le gouvernement ne touchera pas à l’âge légal de départ actuellement fixé à 62ans: "J’ai souhaité une clarification apportée par le Premier ministre qui a confirmé mon mandat: l’âge légal ne changera pas", a-t-il fait savoir.

Une mise au point nécessaire après la récente cacophonie qui a agité les rangs de l’exécutif, entre les déclarations de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, du ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, du Premier ministre Édouard Philippe, voire du président lui-même qui avait nourri le doute lors de son déplacement en Bretagne dans le cadre du grand débat, déclarant que "nous avons à affronter un vieillissement inédit, on ne s’est pas adapté, on a rien préparé, on part aujourd’hui à la retraite au même âge qu’en 1980".

Reconnaissant que ces sorties successives n’ont "pas aidé", Jean-Paul Delevoye estime qu’elles sont probablement à l’origine du retrait de Force ouvrière de la concertation sur la réforme des retraites qui doit aboutir à la mise en place d’un système universel par points dont "les enquêtes montrent que la majeure partie de nos concitoyens" y sont favorables, rappelle-t-il néanmoins.

Inciter les Français à partir plus tard 

Si l’âge légal restera de 62 ans, rien ne dit que les Français ne travailleront pas plus longtemps. Car "il faut distinguer l’âge légal d’ouverture des droits (l'âge auquel on peut partir), de l’âge réel du départ, de l’âge à taux plein (qui vous assure une retraite optimale), et l’âge d’équilibre du système (qui permet d’assurer sa solidité financière)", précise le Haut-Commissaire.

Or, "l’âge d’équilibre du système est autour de 64 ans", ajoute-t-il. Autrement dit, "notre engagement est de préserver la liberté de partir à 62 ans, tout en sachant que l’intérêt de l’équilibre du système est que vous partiez de préférence à 63 ans, 64 ans, d’où les idées de surcote et de décote", détaille Jean-Paul Delevoye. En clair, des dispositions devraient être prises pour inciter les Français à partir plus tard à la retraite et donc à cotiser plus longtemps, notamment pour financer la dépendance

S’agissant des avantages retraites accordés aux familles à partir de trois enfants, le système pourrait être revu dans le cadre de la réforme: "Ne serait-il pas plus juste d’accorder des points par enfants dès le premier enfant, en laissant aux parents le choix de les attribuer à l’un ou à l’autre? Cela réduirait l’écart des pensions entre les hommes et les femmes", suggère Jean-Paul Delevoye.

Quid des pensions de réversion? 

Autre sujet sensible: l’avenir des pensions de réversion. Sur ce point, le Haut-commissaire à la réforme des retraites a de nouveau assuré que "les pensions de réversion actuelles ne sauraient être revues évidemment". Mais seront-elles plafonnées pour les futurs retraités? À cette question, il indique que "les études montrent qu’un niveau des deux tiers répond" à l’objectif de ces pensions qui doivent "permettre de préserver le niveau de vie de la personne qui reste, après le décès du conjoint".

Et de détailler: "Si vous avez 1500 euros de revenus en couple, vous conservez votre niveau de vie avec 1000 euros en étant seul. Le principe du maintien d’une proportion (66% par exemple) de l’ensemble des droits à la retraite acquis par le couple a fait l’objet d’échanges avec les partenaires sociaux au début du mois".
Paul Louis