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Retraites: Laurent Berger de la CFDT ne veut pas d'une "réforme financière"

"La CFDT est claire, il n'y a pas besoin d'élément de réforme financier", a expliqué Laurent Berger, rappelant que la réforme Touraine de 2013 prévoyait un passage à "43 ans de cotisation" en 2035.

"La CFDT est claire, il n'y a pas besoin d'élément de réforme financier", a expliqué Laurent Berger, rappelant que la réforme Touraine de 2013 prévoyait un passage à "43 ans de cotisation" en 2035. - Bertrand Guay-AFP

Une réforme des retraites qui serait guidée par l'aspect "financier" et prévoirait un allongement de la durée de cotisations ne serait pas acceptable pour la CFDT, a prévenu son secrétaire général, Laurent Berger, ce lundi sur France Inter.

Le secrétaire général de la CFDT n'est pas d'accord avec le principe d'une réforme des retraites axée uniquement sur les aspects financiers. Interrogé sur France Inter sur les propos tenus la semaine dernière par Emmanuel Macron, favorable à un accord sur la durée de cotisations et alors qu'on lui demandait si l'allongement de la cotisation était acceptable en cas de renoncement à l'âge d'équilibre de 64 ans, Laurent Berger a répondu: "non".

"La CFDT est claire, il n'y a pas besoin d'élément de réforme financier", a-t-il ajouté, rappelant que la réforme Touraine de 2013 prévoyait un passage à "43 ans de cotisation" en 2035. "Il faut s'en tenir à cela, il n'y a pas besoin d'aller au-delà", a estimé le numéro un de la CFDT, qui s'est dit également "inquiet" du message que "le gouvernement commence à distiller" en "disant qu'il il faudra l'équilibre en 2025".

Laurent Berger soutient la retraite par points

Laurent Berger a redit son soutien à un système de retraites par points. Mais avec "des conditions", a-t-il rappelé, citant les avancées attendues sur la pénibilité, les carrières longues, la retraite progressive, une pension minimum à "100% du Smic", les "discriminations dont sont victimes les femmes"...

"Je m'en tiens juste à ce qui a été dit par le président de la République dans son programme : une réforme systémique des retraites qualitative, qui ne se veut pas financière", a-t-il martelé.

Dans un rapport remis mi-juillet au Premier ministre, le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye préconisait la mise en place, à partir de 2025, d'un "système universel" fusionnant les 42 régimes existants. Il recommandait de fixer un "taux plein" à l'âge "pivot" de 64 ans assorti d'un système de décote/surcote.

Le Premier ministre Edouard Philippe lancera jeudi et vendredi prochains une nouvelle phase de concertation sur la base du rapport Delevoye en recevant syndicats et patronat. Un processus de "concertation citoyenne" doit ensuite être engagé.

Frédéric Bergé avec AFP