BFM Business

Les perturbations des gilets jaunes débordent dans les pays frontaliers

Selon la police belge, "des casseurs sont venus se greffer au mouvement des gilets jaunes"

Selon la police belge, "des casseurs sont venus se greffer au mouvement des gilets jaunes" - Charly Triballeau - AFP

Le mouvement des gilets jaunes s'essouffle en France, mais perturbe encore les accès routiers avec l'Espagne, la Belgique et la Grande-Bretagne et porte ainsi préjudice à la libre circulation des marchandises dans l'Union Européenne. Madrid et Bruxelles haussent le ton.

Arrestations en Belgique, protestations en Espagne, perturbations au Royaume-Uni: le mouvement des "gilets jaunes", qui affecte la circulation à travers la France afin de protester contre la hausse des taxes sur le carburant, suscite des remous dans plusieurs pays frontaliers.

Les manifestations en France, prenant notamment la forme de blocages de routes, "portent préjudice aux transporteurs qui doivent traverser chaque jour la frontière avec la France et font obstacle à la libre circulation des marchandises", a tempêté jeudi le ministère espagnol des Affaires étrangères.

Mardi, le poste-frontière d'Irun au Pays basque espagnol a été fermé à la circulation des poids lourds pendant plusieurs heures, occasionnant jusqu'à 13 kilomètres d'embouteillages. Dans sa protestation auprès des autorités françaises et européennes, Madrid appelle la France à "prendre toutes les mesures pertinentes pour garantir la libre circulation de marchandises en toute sécurité". La France était en 2017 le premier client des exportations espagnoles, pesant 15% du total soit 41,6 milliards d'euros.

Sur les bords de la Manche, une trentaine de manifestants ont également perturbé la circulation sur l'autoroute A16, qui mène au tunnel sous la Manche, emprunté par des milliers de poids-lourds faisant le voyage jusqu'en Angleterre.

Blocages, débordements et pillage

En Belgique, deux hommes ont été placés en garde à vue à la suite de débordements intervenus sur une manifestation de gilets jaunes à proximité d'un dépôt pétrolier dans le sud du pays. Depuis vendredi, le dépôt de Feluy géré par le groupe français Total, situé à Seneffe entre Bruxelles et Mons, sert régulièrement de lieu de rassemblement de gilets jaunes qui tentent de bloquer les allées et venues de véhicules.

La situation a dégénéré deux soirs d'affilée, lundi et mardi, selon la police locale. Les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectile, un camion citerne a été incendié et un autre poids lourd d'une enseigne de la grande distribution "a été pillé", a précisé à l'AFP Dominique Ramet, commissaire de police dans la région de Mariemont en Belgique. Selon lui, il est "clair que des casseurs sont venus se greffer au mouvement des gilets jaunes".

Deux hommes soupçonnés d'avoir pris part à ces débordements ont été interpellés dans la nuit de mardi à mercredi près du dépôt de Feluy puis placés en garde à vue, a ajouté le commissaire. "Nous ne pouvons tolérer des blocages et débordements sur les autoroutes", a commenté sur son compte Twitter le ministre belge de l'Intérieur Jan Jambon.

Pascal Samama avec AFP