BFM Business

Retraites: ce qui va changer au 1er janvier

La réforme des retraites est définitivement adoptée

La réforme des retraites est définitivement adoptée - -

La réforme des retraites sera promulguée dans quelques jours, une fois validée par le Conseil constitutionnel. Voici les changements qui devraient s'appliquer au 1er janvier pour les salariés comme pour les retraités.

Dès le 1er janvier, des changements sont à prévoir en matière de retraite. Le mois dernier, l'Assemblée nationale a adopté le projet de réforme présenté par le gouvernement. Dans quelques jours, après validation du Conseil constitutionnel, ce projet sera promulgué.

"La réforme que je propose à vocation à rééquilibrer durablement les comptes", déclarait Jean-Marc Ayrault fin août. Avant toutes choses, le gouvernement veut, avec cette réforme des retraites combler le déficit de 20 milliards d'euros des régimes à l'horizon 2020.

Un objectif ambitieux, d'autant que le gouvernement a refusé de reculer l'âge de départ à la retraite, actuellement à 62 ans, et l'allongement de la cotisation de 41,5 à 43 ans sera étalé sur 15 ans à partir de 2020.

Donc qu'est ce qui change pour les Français?

> Hausse des cotisations retraite

Elles augmenteront de 0,15 point pour les cotisations patronales en 2014. De 2015 à 2017, elles progresseront ensuite de 0,05 point par an. Un effort identique sera demandé aux salariés, via leurs cotisations. En rythme de croisière, la mesure doit rapporter 6,4 milliards d'euros par an.

> Création d'un compte pénibilité

Le compte pénibilité va permettre aux salariés ayant des carrières "pénibles" de cumuler des points pour ensuite éventuellement racheter des trimestres ou suivre une formation pour exercer un emploi moins pénible.

La mesure doit entrer en vigueur en 2015 et sera financée par les entreprises. Le gouvernement évalue son coût annuel à 2 milliards en vitesse de croisière.

> Revalorisation des pensions repoussée

La revalorisation des pensions sera désormais fixée au 1er octobre, contre le 1er avril actuellement. Cette mesure a été le cheval de bataille des parlementaires qui avaient voté la suppression de ce report en première puis en deuxième lecture.

En contrepartie, l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé sera revalorisée pour les personnes âgées de plus de 60 ans. De même, le minimum vieillesse sera revalorisé à la fois au 1er avril et au 1er octobre en fonction de l'inflation. Marisol Touraine a affirmé que, grâce à ces deux mesures, il n'y aura "plus de pension en dessous de 800 euros par mois".

> Mesure pour les temps partiels

Pour valider un trimestre de cotisation, il faudra l'équivalent de 150 heures de SMIC contre 200 heures auparavant. L'objectif est de favoriser les salariés ayant eu de faibles rémunérations et des temps partiels.

Le gouvernement a également procédé à des aménagements favorables aux apprentis et aux étudiants, en incorporant notamment la durée des stages dans le calcul des pensions.

> Fiscalisation des majorations

Les majorations de pensions de 10% pour les retraités ayant eu au moins 3 enfants seront désormais soumises à l'impôt sur le revenu.

> Rachats des trimestres et prise en compte des stages

Les diplômés bénéficieront d'une prime de 1.000 euros pour racheter des trimestres de cotisation. Les étudiants pourront verser 12,50 euros par mois pendant 2 ans pour valider des trimestres au titre de leurs périodes de stage.

> Les retraites complémentaires versées chaque mois

Les retraites complémentaires vont être versées chaque mois à partir de janvier et non chaque trimestre comme c'était le cas jusqu'à présent, ont annoncé l'Agirc et l'Arrco, qui versent ces pensions à 11,8 millions de retraités.

"Le changement porte sur le rythme des versements. Jusqu'en 2013, les retraites complémentaires étaient versées en quatre échéances trimestrielles. A partir de 2014, elles seront payées en 12 versements mensuels" précisent les deux organismes dans un communiqué.

Les retraités concernés recevront donc début janvier l'équivalent d'un mois de pension "et non plus de trois mois comme c'était l'usage jusqu'à présent".

Diane Lacaze