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Carole Couvert (CFE-CGC): "la réforme des retraites, c'est du bricolage"

Carole Couvert, invitée de BFM Business, ce lundi 9 septembre

Carole Couvert, invitée de BFM Business, ce lundi 9 septembre - -

La présidente de la CFE-CGC a expliqué sur BFM Business, ce lundi 9 septembre, que son syndicat n'ira pas manifester contre la réforme des retraites. En revanche, la CFE-CGC a une série de propositions pour financer celles-ci.

"Nous ne sommes pas un syndicat barbecue-merguez". Carole Couvert, la nouvelle présidente de la CFE-CGC, invitée de BMF Business ce lundi 9 septembre, a été claire: "nous n'irons pas à la manifestation de demain des retraites, mardi 10 septembre".

Pour son syndicat pourtant, cette réforme est une "réformette qui ne répond pas aux enjeux du financement pour pérenniser notre système de retraite". De plus, "aller dans la rue, c'est bloquer des entreprises. Les TPE et PME ont une santé financière très délicate. Rajouter à cela des mouvements de grèves qui peuvent bloquer l'arrivée de chèques, de courriers… c'est extrêmement dangereux", estime-t-elle.

Financement innovant des retraites

La CFE-CGC ne compte pas descendre dans la rue, mais elle va quand même se battre pour les retraites. Elle propose notamment un mode de financement "innovant", c'est-à-dire une cotisation sociale sur la consommation "pour redonner les 7 milliards qui manquent dans les caisses de retraite".

"Cette cotisation n'est pas la TVA car elle arrive dans les caisses de l'Etat et le gouvernement en fait ce que bon lui semble. Nous parlons de cotisation sociale pour que les flux financiers arrivent bien dans les caisses de retraite et que nous puissions les suivre en partenaire social responsable".

Ce que veut la CFE-CGC, c'est financer différemment la protection sociale. "Nous sommes arrivés au bout de ce qu'on pouvait faire avec le dispositif actuel. Ce que nous proposons, c'est de régler le financement global de la protection sociale, d'arrêter de saucissonner, de traiter un coup de la retraite, un coup de la famille, un coup de la maladie..."

Aider davantage les étudiants

La CFE-CGC demande aussi que les jeunes qui font des années d'étude aient une véritable prise en compte de leurs années d'étude=. Le gouvernement a fait cerets une ouverture. "C'est peut-être le seul intérêt de la réforme". Il propose que les jeunes puissent racheter une année d'étude pendant les 5 premières années de leur parcours, moyennant une aide forfaitaire de 1.000 euros par trimestre. "Pour nous, cela n'est pas satisfaisant. La période n'est pas suffisante, il faut au moins aller à 10 ans. Cela existe en Belgique. Et il faut au moins, au delà des bac +3, racheter 2 années".

"Aujourd'hui, cette réforme est du bricolage. Nous devons rester vigilants sur les avantages familiaux parce que cela est passé sous silence". Carole Couvert explique qu'aujourd'hui, les mères de famille bénéficient d'une majoration à partir de trois enfants. Le gouvernement veut garder l'enveloppe constante, forfaitiser et ouvrir à partir du 1er enfant. "Nous avons fait le calcul, si cela se passe ainsi, cela veut dire qu'à partir du 1er enfant les parents auront 15 euros de majoration par mois sur la retraite. Nous sommes contre. Aujourd'hui, le taux de fécondité est à 2 en France. C'est ce qui fait que nous allons mieux nous en sortir que l'Allemagne. Il faut que la majoration soit significative".

Les classes moyennes visées

Mais le vrai cheval de bataille de la CFE-CGC est l'emploi et le pouvoir d'achat. Le gouvernement a été élu sur une promesse de maintien du pouvoir d'achat des classes moyennes. "Or depuis un an et demi, nous avons assisté à une suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, à une augmentation du forfait social sur l'intéressement et la participation), et à la baisse du quotient familial. Là, l'ensemble des salariés vont s'en rendre compte sur la prochaine fiche d'imposition".

Pour Carole Couvert, si nous ne sommes plus en récession, c'est grâce au tout petit peu de consommation des ménages. "Si le pouvoir d'achat continue de baisser, nous allons retourner en récession directement. C'est l'alerte que nous avons fait au gouvernement".

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Diane Lacaze