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Avocats, transporteurs de fonds, ports bloqués: à quoi s'attendre pour cette nouvelle semaine de grève

Manifestants ce lundi.

Manifestants ce lundi. - Philippe LOPEZ / AFP

Muter pour durer et espérer l'emporter: tel est le principe directeur de la nouvelle semaine de grève qui s'annonce. Des avocats aux dockeurs, de nombreuses actions sont prévues pour s'opposer à la réforme gouvernementale du système de retraites. Et vendredi, une nouvelle journée de mobilisation nationale fera figure de point d'orgue.

Plus de six semaines de grève, déjà, ont passé et les grévistes ne désespèrent pas d'obtenir gain de cause. Aussi, à compter de ce lundi et jusqu'à l'orée du week-end prochain, de nouvelles actions se tiendront, organisées par des professions très diverses. Les travailleurs opposés à la réforme des retraites projetée par le gouvernement doivent en effet s'appuyer sur d'autres fronts et proposer d'autres formes de mobilisation pour durer et poursuivre leur bras de fer avec l'exécutif. 

  • RATP et SNCF aiguillent vers de nouvelles actions 

Car, à tout bras de fer social, un fer de lance. Jusqu'ici, les transports, qu'ils fussent nationaux et ferroviaires avec la SNCF ou franciliens avec la RATP, en tenaient lieu grâce à une mobilisation de grande envergure et bien installée dans le temps. Mais après plus de 45 jours de débrayage, les grévistes éprouvent le besoin (financier) de souffler. Aussi, vendredi dernier, à l'issue d'un vote en assemblées générales, ils ont décrété une suspension du mouvement. Une pause aussitôt sensible pour les métros et RER parisiens bien que les rames aient déjà paru plus nombreuses les jours précédents. 

L'idée est à présent de se renouveler. "Après 45 jours de grève, une majorité d’assemblées générales du réseau ferré a décidé de réorienter, dès lundi, le mouvement illimité pour s’orienter sur une autre forme d’action", a indiqué le communiqué de l'UNSA RATP, premier syndicat du secteur. 

  • Les transporteurs de fonds mobilisés 

Si la grève quitte provisoirement les rails, elle va se jucher sur des roues. D'autres types de transports s'associent au mouvement. C'est ainsi le cas des transporteurs de fonds, tandis que la Banque de France est entrée dans la grève à la mi-janvier. 

"Le mouvement va s'étendre aux transporteurs de fonds, notamment en Île-de-France", a ainsi affirmé Pascal Gabay, de la direction fédérale de la CFT Finances, samedi au Parisien

  • "Ports morts" pour les dockeurs

La fédération CGT des ports et docks a annoncé vendredi dernier un blocage des rades de mercredi à vendredi inclus. Plus exactement, l'organisation a labellisé ce débrayage de 72 heures "opération ports morts". Dans son communiqué, elle a également encouragé sa base à "participer massivement aux mobilisations exercées dans les territoires" dans un communiqué, relayé notamment par le site 20 Minutes.fr.

Le syndicat entend également maintenir les piquets de grève autour des sept grands ports maritimes de l'Hexagone, à savoir Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes-Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux et Marseille. Le blocage des ports pèse notamment sur l'approvisionnement des commerces. 

  • Les avocats maintiennent la pression 

Ils ont jeté leur robe et n'ont pas l'intention de la remettre dans l'immédiat. Les avocats, fortement mobilisés autour de manifestations et d'actions symboliques, ont décidé via le vote du Conseil national des barreaux de reconduire leur mouvement jusqu'à ce vendredi. Un rassemblement est d'ailleurs prévu ce lundi sur les coups de 17 heures devant le Tribunal de grande instance de Paris à l'occasion des vœux du président du tribunal. 

Edouard Philippe doit quant à lui rencontrer prochainement les représentants des conseils. Et l'affaire a bien failli être compromise lorsqu'un avocat a été brièvement placé en garde à vue ce lundi, avant que celle-ci soit levée par le procureur de la République local, lors d'une mobilisation entreprise à Dunkerque. Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux avait alors tweeté:

"Je viens d’appeler le bâtonnier de Dunkerque. Je vais être très claire: il n’y aura aucune discussion, aucune réunion avec le gouvernement si un seul avocat est empêché d’exercer son droit de manifester ou arrêté pour avoir manifesté". 
  • Un vendredi de mobilisation nationale 

Le gouvernement traverse d'autres turbulences. Franck Riester, ministre de la Culture, a ainsi dû annuler ses vœux ce lundi soir en raison d'une action mise sur pied par la CGT Spectacles. 

Mais c'est un tout autre événement qui aimantera l'attention du pouvoir comme une ligne de fuite l'emmenant au bout de cette semaine. L'intersyndicale, composée de la CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF, UNL et FIDL, est à la manœuvre pour une nouvelle journée de mobilisation nationale interprofessionnelle ce vendredi. 

Si les défilés ont décru, ils continuent de faire marcher des effectifs importants. Ainsi jeudi dernier, le ministère a recensé 187.000 manifestants dans le pays, dont 23.000 à Paris tandis que la CGT en a compté 250.000 pour la seule capitale. 

Robin Verner