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Grèves: des opérateurs de fret ferroviaire demandent des compensations à l'Etat

"Des mouvements de grève comme celui-là, c'est très pénalisant pour le fret. Il y a beaucoup de marchandises qui repartent sur la route" reconnaissait vendredi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.

"Des mouvements de grève comme celui-là, c'est très pénalisant pour le fret. Il y a beaucoup de marchandises qui repartent sur la route" reconnaissait vendredi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. - RAYMOND ROIG / AFP

Les professionnels du fret ferroviaire ont adressé au gouvernement une lettre pour réclamer une mesure afin de compenser les "dizaines de millions d'euros" perdus lors des grèves. La SNCF n'est pas associée à la démarche, qui a selon ses auteurs pour but de "tirer la sonnette d'alarme".

Estimant qu'ils ont perdu "des dizaines de millions d'euros" à cause de la grève contre la réforme des retraites, plusieurs professionnels du fret ferroviaire demandent des compensations à l'Etat, dans une lettre ouverte au président de la République.

"Depuis désormais 46 jours, les grèves affectent considérablement notre secteur. Nos clients souffrent également. Ils sont confrontés à des chaînes d'approvisionnement paralysées et sont contraints d'utiliser le transport routier", relèvent-ils dans cette lettre publiée dans le Journal du Dimanche.

"Acteurs du fret ferroviaire, nous subissons de plein fouet le blocage du rail. Nous estimons nos pertes à des dizaines de millions d'euros depuis le début du mouvement social" le 5 décembre, déplorent-ils.

"Nous vous invitons donc, Monsieur le Président, à instaurer un système de compensation prenant en compte l'ensemble des pertes que nous avons subies, permettant ainsi de préserver notre secteur et notre engagement sociétal."

Cette lettre est signée par l'Association française du rail (Afra, qui regroupe les concurrents de la SNCF), les compagnies de fret belge Lineas et françaises Europorte (groupe Getlink) et RegioRail, l'association des opérateurs de proximité Objectif OFP, l'Association française des détenteurs de wagons (AFWP) et le Groupement national des transports combinés (GNTC). 

Le trafic fret était assuré samedi à 70%, après avoir longtemps stagné autour de 15% pendant la grève, selon l'Afra. S'ils saluent les initiatives prises par le gouvernement pour augmenter, les signataires demandent "des mesures fortes et ambitieuses en faveur du transport ferroviaire". 

"La part modale du rail dans le transport de marchandises n'est que de 9% en France alors qu'elle est de 18% en Europe. Cela doit changer!", écrivent-ils. "Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut relancer le fret ferroviaire", reconnaissait vendredi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.

"Des mouvements de grève comme celui-là, c'est très pénalisant pour le fret. Il y a beaucoup de marchandises qui repartent sur la route et une fois qu'on est reparti sur la route, c'est plus compliqué de revenir sur le train", déplorait-elle lors de ses voeux à la presse, sans évoquer une quelconque compensation.