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Essai - VanMoof S3, un vélo hollandais à la fois très classique et ultra connecté

VanMoof réussit le grand écart entre un vélo classique et un monstre truffé d'innovations dissimulées dans le cadre. Avec ce pari réussi, la marque hollandaise fait tout pour être la référence du vélo connecté haut de gamme.

Difficile de faire plus connecté qu'un VanMoof. Mais difficile de le cacher à ce point. Sous ses airs de vélo hollandais au design revisité, ce cycle est un concentré de technologies sans qu'aucun détail ne le laisse entrevoir. Au premier coup d'oeil, on ne voit qu'un cadre mi sport/mi route, un guidon large, une selle confort, mais ni écran, ni touche tactile.

Le numérique est bien caché. Les informations de conduite s'affichent avec des LED sur la barre transversale du cadre. Et les quatres mode de pilotage se sélectionnent sur un petit bouton discrètement positionné sur le guidon.

L'antivol est tout aussi discret. Pour l'enclencher, il suffit d'appuyer du pied sur un bouton chromé bien camouflé à l'arrière. Une fois enclenché, la roue arrière se bloque et une alarme se déclenche si l'on touche le vélo. Une alerte est aussi envoyée sur le smartphone de son propriétaire.

Le VanMoof S3 est bardé de dispositifs pour dissuader les voleurs
Le VanMoof S3 est bardé de dispositifs pour dissuader les voleurs © P.S.

Côté numérique

Le coeur, ou plutôt l'esprit, du VanMoof est une appli mobile (iOS ou Android). C'est sur l'écran d'un smartphone que tout se passe ou presque. Cette application permet de déverrouiller le vélo, de le géolocaliser, de le paramétrer (vitesses, avertisseurs sonores, sécurité, éclairage...), d'avoir accès à une aide en ligne et de mémoriser ses déplacements.

Pour déverrouiller et éviter que l'alarme ne hurle réveillant tout un quartier, plusieurs méthodes. On peut cliquer sur le cadenas qui s'affiche à l'écran ou autoriser le déverouillage en bluetooth lorsqu'on s'approche du vélo (en programmant une distance). Mais la force de VanMoof est de permettre aussi d'utiliser pleinement son vélo même si l'on n'a pas son smartphone avec soi. On peut entrer un code secret avec le bouton de sélection des modes de conduite et l'utiliser à 100% de ses capacités.

Appli mobile du VanMoof S3
Appli mobile du VanMoof S3 © P.S.

C'est encore avec cette appli qu'il faudra programmer le niveau de puissance du moteur, de 1 à 4, mais aussi le niveau d'assistance permettant d'atteindre un peu plus de 25 km/h, soit la vitesse limite légale de l'assistance électrique. Par défaut, ces paramètres sont réglés pour du plat, mais en cas de trajets sur des routes vallonnées, on pourra adapter l'aide du moteur.

Les informations de conduite s'affichent sur la barre du cadre grâce à un écran matriciel invisible. On peut y lire la vitesse, le niveau d'assistance et si quelqu'un tente de le déplacer lorsqu'il est verrouillé, une tête de mort clignotante s'affiche dans un vacarme assourdissant.

Côté cycle

Ce VanMoof S3 ne déçoit pas. Son design est à la fois sobre, élégant et dynamique. La peinture mat, noire ou bleue, renforce son caractère urbain chic. Le S3 que nous avons testé a une barre horizontale qui ne le rend pas accessible aux personnes de moins de 1,70 m. Mais une autre version, le X3, est doté d'une barre plus basse, lui donne un usage plus utilitaire. D'ailleurs de nombreux accessoires (porte-bagages, porte-paquets, porte bébés...) sont proposés pour le personnaliser.

Malgré ses airs sportifs, la position de conduite est droite pour préserver le dos et les avant-bras. Le confort aurait été encore mieux avec des amortisseurs (au moins à l'avant), mais le vélo (qui pèse déjà 19 kg) aurait largement dépassé les 20 kg. La selle très confortable et les pneus 28" atténuent tout de même les chocs sur les pavés.

La transmission est assurée par une chaine protégée de la poussière par un étui en plastique rigide. Elle ne projettera pas de graisse. Mais là encore, le fabricant hollandais a dissimulé quelques innovations. Le passage des vitesses n'est pas assurée par un dérailleur traditionnel, mais par un système de roues crantées qui fluidifient le passage des vitesses, quel que soit le relief.

Le dérailleur du VanMoof S3
Le dérailleur du VanMoof S3 © P.S.

Au delà de son design, le cadre est l'écrin qui renferme la batterie (50kWh) qui n'est pas amovible. La prise de rechargement est peu visible mais bien présente sous la barre transversale. Elle offre une autonomie qui en fonction des paramètres classiques (poids, vitesse, route...) va d'un minimum de 60 à 150 km après une charge complète de 4 heures.

Le moteur, installé dans le pédalier est d'une puissance de 350W. On peut choisir le niveau sur l'appli, mais aussi à partir d'un bouton sur le cintre avec une pression continu, mais seulement à l'arrêt. L'accélération est efficace dès le niveau 1 et devient très vive au niveau 4. Mais il est possible d'avoir encore plus d'accélération avec le boost. Il suffit d'appuyer brièvement sur le bouton de droite en roulant pour faire monter le couple à 59Nm.

Cette fonction est à enclencher pour une montée ou pour doubler rapidement un cycliste. Très efficace, mais mieux vaut bien tenir le guidon. Et pour s'arrêter, même en urgence, les freins à disques hydrauliques sont très efficaces sans être brutaux.

Les plus et les moins

Commençons par les moins. Le grand reproche fait à VanMoof est sa batterie qui n'est pas amovible. Pour le recharger, il faut soit monter le vélo chez soi pour ceux qui vivent en appartement, soit disposer d'une prise électrique sur une place de parking ou dans son garage. La marque explique que ce choix évite de se le faire voler. Soit, mais la cible de ces vélos, les urbains, devra s'adapter.

Un autre défaut est l'obligation de s'arrêter pour changer de vitesse. Sur les modèles concurrents, à l'exception du Cowboy qui n'a pas de vitesse à passer, le passage des rapports se fait en roulant.

Hormis ces deux points, le VanMoof n'a que des plus. Son design, sa simplicité et son efficacité, bien sur, mais surtout son indépendance par rapport au smartphone. Une fois paramétré et enregistré sur l'appli, il peut s'utiliser avec ou sans son téléphone. Un véritable plus.

Autre atout, ses systèmes antivols qui peuvent dissader les voleurs. En cas de tentative, une alarme se déclenche et un message est envoyé sur le smartphone du propriétaire. S'il est quand même emporté par des malfrats, la puce de géolocalisation installée dans le cadre permettra de le suivre à la trace.

Et enfin, la marque hollandaise propose un contrat d'assurance qui, pour 8 euros par mois, propose de le retrouver et le ramener avec pendant ce temps le prêt d'un autre vélo. Et si ces "bike hunters" n'y parviennent pas, le vélo sera remplacé.

Dernier point, et pas des moindres, le prix. Avec ce nouveau modèle, VanMoof se montre vraiment très agressif en baissant le tarif de 2500 à 1998 euros. De cette somme, on pourra déduire la subvention qui s'élève à 500 euros en Île-de-France. Difficile de faire moins cher pour un vélo de cette catégorie.

Pascal Samama et Chloé Baïze