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Radars dégradés: une facture estimée à 513 millions d'euros

Un radar chantier victime d'une dégradation.

Un radar chantier victime d'une dégradation. - BFMTV

Avec 60% du parc de radars dégradés l'an dernier, la facture du vandalisme est estimée à 512,8 millions d'euros par Le Parisien. Un chiffre qui additionne en réalité 80 millions d'euros de réparations et un manque à gagner de 430,5 millions d'euros sur la période de juillet 2018 à juin 2019.

512,8 millions d'euros. C'est le montant estimé par Le Parisien du coût des dégradations de radars en France depuis le passage au 80 km/h dans un premier temps, puis avec le mouvement des gilets jaunes.

Un manque à gagner de 430 millions d'euros?

Cette somme se décompose en 82,3 millions d'euros pour les réparations et 430,5 millions d'euros de manque à gagner pour l'Etat. La baisse des recettes générées par les radars a été calculée sur la période de juillet 2018 à juin 2019. "Une projection si l'on considère qu'il faut 6 mois pour tout réparer", précise le quotidien.

Fin novembre dernier, on estimait à 15% la baisse des recettes par rapport à l'année précédente. Un exercice 2017 au cours duquel les PV routiers avaient rapporté le montant record de 2 milliards d'euros, la moitié en provenance des radars automatiques

Il est en réalité particulièrement difficile d'estimer ce manque à gagner directement lié aux dégradations. La baisse des recettes signalée fin novembre reposait surtout sur une amélioration des comportements, en particulier chez les utilisateurs de véhicules de société. Depuis récemment, ces derniers sont plus durement sanctionnés avec des employeurs contraints de désigner les auteurs d'infractions.

Dégradations: les radars fixes, principales victimes

Pour les dégradations, Le Parisien a repris l'estimation de 60% du parc hors-service donnée par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner mi-janvier. Cela représenterait près de 2000 cabines sur les 3275 en service, avec un coût moyen de réparation de 40.000 euros environ.

Principales cibles des auteurs de dégradation, les radars fixes avec 1196 exemplaires touchés (36% du parc total de radars et 60% des dégradations enregistrées). Le reste se répartit en 417 radars feu rouge, 244 radars discriminants (qui distinguent les camions des voitures), 61 radars tronçons (contrôle sur une portion de route donnée) et 47 radars positionné sur des passages à niveaux. Egalement victimes de dégradations, les radars chantier ne sont toutefois pas évoqués dans ce recensement du Parisien.

En reprenant le chiffre d'un coût des réparations de 88,3 millions d'euros, on peut noter qu'il s'agit d'un coût près de quatre fois supérieur à une année qualifiée de "normale" (22,86 millions d'euros en 2012).

"Il est difficile d'établir des prévisions exactes, mais les ordres de grandeur fournis par Le Parisien sont corrects", a commenté la sécurité routière, contactée par BFM Auto. Il reste toutefois impossible de connaître l'état actuel du parc de radars en fonctionnement, ni de savoir ceux qui ont d'ores et déjà été remplacés, nettoyés ou réparés. On peut toutefois supposer qu'avec la crainte du gouvernement de voir le mouvement des gilets jaunes se prolonger et la réflexion en cours sur la mise en place de radars beaucoup plus modernes, le parc français des appareils de contrôles risque bien d'être sinistré encore un certain temps. 

Julien Bonnet