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Combien coûte la réparation d'un radar de vitesse automatique?

Un radar dégradé - Image d'illustration

Un radar dégradé - Image d'illustration - Philippe Huguen - AFP

Ces dernières semaines, de plus en plus de radars sont victimes de dégradations. Réparer ou remplacer un radar, peut rapidement coûter très cher. Et quand un radar est cassé, il ne flashe plus: un manque à gagner pour les caisses de l'État.

Les dégradations de radars automatiques de vitesse se sont multipliés ces dernières semaines. Avec les péages autoroutiers, ce sont des symboles d'un Etat qui cherche à percevoir des taxes supplémentaires, et dissimulées, ce qui leur vaut d'être la cible des manifestants. Actuellement, près d'un radar sur deux serait hors-service, détruit et donc à remplacer, ou simplement dégradé et donc à réparer ou nettoyer. Mais combien coûtent ces opérations?

Des interventions coûteuses

Logiquement, le coût de réparation dépend des dégâts subis et du type de radar. Pour un vandalisme léger, du tag à la vitre cassée, il faut compter 500 euros avec un délai d'intervention d'une semaine.

Avec des dégâts plus lourds nécessitant le remplacement du radar, la facture est comprise entre 60.000 et 80.000 euros pour un radar fixe. L'opération prend environ un mois. Pour un radar autonome (généralement placé sur des chantiers), le tarif est de 75.000 euros. Enfin pour un "radar tronçon", permettant de calculer des vitesses moyennes entre deux points, le coût s'envole: de 120.000 à 200.000 euros, selon l'ampleur des travaux de génie civil requis.

Sur son site, la sécurité routière indique que "le coût du vandalisme a été estimé en 2012, année normale, à 22,86 millions d’euros, sur une dépense totale de maintien en condition opérationnelle des dispositifs de contrôle de 79,44 millions d’euros".

Dans son dernier rapport revenant sur l'année 2017, la Cour des comptes se félicitait du taux de disponibilité des radars, de 93%. "Aucun pic de vandalisme n’a été constaté, sauf à l’encontre des radars autonomes, qui représentent une minorité des radars installés (environ 6,5 %), dont certains ont été totalement détruits (40 contre 23 en 2016)", notait le document.

Quel manque à gagner?

C'est l'autre coût caché des radars dégradés: le manque à gagner pour l'État. Pour 2019, les recettes attendues sont de 1,23 milliard d'euros, en hausse de 21% par rapport à 2017, qu'on peut considérer comme une année "normale" en termes de dégradation. 

Avec le pic de radars hors-service enregistré en 2018, les recettes étaient en baisse de 15%, estimait fin novembre la Sécurité routière.

Hormis les cabines détruites, suite au passage à 80 km/h et dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, c'est aussi le changement de comportement des salariés d'entreprises roulant dans des véhicules de société qui explique cette baisse des recettes. Ils sont depuis peu concernés par les pertes de points sur le permis de conduire. Une mesure adoptée le 1er janvier 2017, mais qui a visiblement été davantage prise en compte depuis le début de cette année. Les PV concernant des salariés seraient ainsi en baisse de 10% en 2018.

A noter qu'en 2017, 40% des recettes des radars étaient consacrées à l'amélioration des routes. C'était le premier poste d'affectation, devant le financement des collectivités territoriales (27%), et la gestion globale, des envois de PV à la gestion des points de permis (24%). 9% des recettes se destinaient au désendettement de l'État . C'est beaucoup moins que le reste des infractions: sur les près de 2 milliards d'euros rapportés au total en 2017 par les PV routiers (radars et infractions constatées par les forces de l'ordre), 28% ont été utilisés pour boucler le budget et désendetter l'État. 

Qui paye les réparations?

Ce n'est pas l'impôt des contribuables (et donc le budget de l'État) qui va couvrir ce coût de remplacement, mais les contrevenants. Ce sont en effet les recettes des radars fixes qui financent les dépenses de maintenance et une éventuelle remise en état. 

Julien Bonnet