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Quelles solutions pour lutter contre les bouchons?

Des solutions existent pour réduire les embouteillages.

Des solutions existent pour réduire les embouteillages. - AFP

Des techniques sont à l'étude ou commencent à être mises en place pour limiter les embouteillages, de l'installation de parkings-relais aux abords des agglomérations à des incitations financières pour pousser les automobilistes à laisser leur voiture au garage.

Le record historique de bouchons a été battu mardi en Ile-de-France. A 9 heures, 552 kilomètres de ralentissements cumulés ont été enregistrés lors d'une journée marquée par les grèves du RER et d'importantes restrictions de circulation.

Véritable fléau pour les automobilistes, les bouchons leur font perdre chaque année plusieurs heures à l'arrêt dans leur voiture. A l'heure de la lutte contre la pollution, le développement de solutions pour réduire les embouteillages est devenu une nécessité pour les autorités. Celles à l'étude passent notamment par la modification des habitudes des automobilistes. 

>Augmenter le nombre de passagers par voiture

Parmi les pistes envisagées, le développement du covoiturage. En incitant cette pratique, l'idée serait d'augmenter le nombre de personnes par véhicule pour faire diminuer le trafic. 

"Il faut savoir qu'aujourd'hui on a en moyenne 1,1 personne dans les voitures. Si on passait à 1,7, on réglerait la question des bouchons dans Paris, qui est un enjeu majeur", expliquait à BFM Paris Célia Blauel, maire-adjointe chargée du développement durable à l'occasion de la présentation du plan climat de la ville

La capitale envisage par exemple de créer des voies dédiées sur le périphérique, avec l'espoir de réduire le nombre de voitures sur les routes. Dans le même esprit, la création de voies réservées aux transports en commun peut agir sur les bouchons. En région parisienne, une voie réservée aux bus vient d'être inaugurée sur l'A10. Sous réserve que les automobilistes respectent l'interdiction d'y circuler, elle doit permettre de réduire les temps de parcours, d'augmenter la fiabilité des horaires et donc de rendre le bus plus attractif que la voiture. 

>Développer les transports en commun

De manière générale, sans développement des transports en commun et d'alternatives à la voiture, les bouchons ont encore de beaux jours devant eux. En Ile-de-France, la construction du Grand Paris Express constitue un espoir avec la construction de 200 km de lignes.

Si le réseau des transports francilien est déjà dense aujourd'hui, le principal problème réside dans la centralisation de ceux-ci, tous orientés vers la capitale. Le choix de la voiture est donc encore privilégié par ceux qui réalisent des trajets banlieue-banlieue. Mais les nouvelles lignes devraient agir sur cette problématique, à condition toutefois que des infrastructures annexes soient mises en place et notamment des parkings relais et rendre les gares accessibles. 

"Pour prendre les transports en commun quand on est par exemple à 1 kilomètre, il faut se stationner donc où est-ce qu'on va laisser sa voiture? Sinon quand on ne trouve pas de stationnement, on continue on prend sa voiture, on est sur la route et donc il y aura encore des bouchons", prévient Franck Duret, journaliste info-trafic sur BFM Paris

La mise à disposition de ces parkings relais est à l'étude. La région Ile-de-France souhaite notamment la construction de 10.000 nouvelles places à proximité des gares de banlieue, dont une partie pourrait être réservées aux automobilistes pratiquant le covoiturage. 

>Rémunérer les automobilistes

Quoi de mieux qu'une incitation financière pour laisser sa voiture au garage. Cette solution est notamment expérimentée à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine. Des automobilistes volontaires qui ne prennent pas leur voiture aux heures de pointe sont ainsi rétribués à hauteur de 2 euros par trajet évité afin de désengorger les routes.

Cette technique a notamment fait ses preuves aux Pays-Bas où les participants à ce dispositif sont identifiés par des boîtiers installés dans leurs véhicules. A Rotterdam, la rémunération des automobilistes aurait ainsi permis de faire diminuer le trafic de 17%, soit 230.000 véhicules en moins chaque jour sur les routes. 

>Du coworking contre les bouchons

Les embouteillages sont aussi entraînés par la concentration d'activités au même endroit. D'après une étude de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France, dans la région, l'agglomération centrale accueille 93% des emplois. Résultat, des milliers d'automobilistes, mais aussi des usagers des transports, convergent chaque jour vers la capitale.

Des réflexions ont été lancées sur l'organisation des lieux de travail, ce qui permettrait de désengorger les transports. A ce titre, la région Ile-de-France souhaite créer 1.000 "tiers-lieux" (espaces de coworking et de télétravail) à l'horizon 2021. La SNCF travaille aussi à créer des espaces de télétravail dans plusieurs gares franciliennes.

Carole Blanchard