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Paris : vers la fin du périphérique ?

Dans le cadre de son nouveau plan climat dévoilé ce mardi, la mairie de Paris va se pencher sur le boulevard périphérique avec l’idée notamment d'y créer une voie de covoiturage. A plus long terme, la municipalité s'interroge aussi sur l'avenir de cette autoroute urbaine, datant des années 70.

Emprunté par 1,3 million d'automobilistes chaque jour, le périphérique est au coeur d'une grande réflexion sur le Paris de demain. Ce mardi, la mairie de Paris a en effet dévoilé 500 mesures dans le cadre de son plan climat, pour faire de la capitale une ville plus respirable et moins énergivore. Pour y parvenir, le périphérique, désormais vu comme un axe routier d'un autre âge, n'a pas été oublié du dispositif.

"Il y a un consensus aujourd'hui pour dire que cette structure qui est héritée des années 50, qui était dans un moment de la société du tout voiture, elle a un côté obsolète et il faut la faire évoluer pour aller vers l'avenir", explique Célia Blauel, maire-adjointe chargée du développement durable. 

Inciter au covoiturage avec des voies dédiées

Parmi les pistes envisagées, la mairie de Paris imagine la création d'une voie réservée au covoiturage avec pour objectif de diminuer la pollution et les bouchons.

"Il faut savoir qu'aujourd'hui on a en moyenne 1,1 personne dans les voitures. Si on passait à 1,7, on réglerait la question des bouchons dans Paris, qui est un enjeu majeur", poursuit Célia Blauel. 

Ces voies réservées au covoiturage sont surtout développées actuellement en Amérique du Nord. Appelées "carpool lanes", elles ne doivent être empruntées que par les véhicules transportant deux personnes ou plus. Des études canadiennes ont démontré que ces voies ont permis d'encourager le covoiturage et de réduire la congestion. Des critiques soulignent en revanche que certaines "carpool lanes" sont sous-utilisées. 

Vers la fin du périphérique? 

La mairie de Paris n'a pour l'heure pas fixé d'échéance pour installer ces files réservées, mais ce dispositif ne serait qu'une première étape avant une grande transformation "d'ici à 2050". Dans une trentaine d'année, le périphérique parisien que l'on connaît aujourd'hui pourrait bien être de l'histoire ancienne.

"Le périphérique demain doit pleinement entrer dans le 21e siècle et qu'on sorte de cette infrastructure strictement routière", prévient Célia Blauel. La fin des bouchons rimerait-elle avec la fin du périphérique?

"Etape par étape, on aura l'apparition de cette voie de covoiturage, pour aller vers des mobilités différentes, ce qui accompagnera ce mouvement allant de la fin du véhicule individuel, vers d'autres formes de mobilités. Peu à peu, je pense qu'il faut qu'on casse cette fracture totalement artificielle entre Paris et les autres communes", poursuit l'adjointe d'Anne Hidalgo. 

La transformation n'est pour l'heure qu'au seuil de la réflexion, que la mairie de Paris mènera en lien avec la métropole du Grand Paris. 
Carole Blanchard