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A Boulogne-Billancourt, les automobilistes qui ne roulent pas seront bientôt payés

Moins de voitures sur les routes entraine moins d'embouteillages, telle est la théorie qui sous-tend le principe du péage positif.

Moins de voitures sur les routes entraine moins d'embouteillages, telle est la théorie qui sous-tend le principe du péage positif. - Whisky&co - Flickr

Début mai, dans le nouveau quartier du Trapèze à Boulogne-Billancourt, la Société du Grand Paris rétribuera les automobilistes qui ne prennent pas leur voiture aux heures de pointes, à hauteur de 2 euros par trajet évité.

Payer un automobiliste pour qu’il ne roule pas, c’est la nouvelle mesure qui sera testée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) début mai. Des automobilistes volontaires seront rémunérés 2 euros à chaque fois qu’ils laissent leur voiture au garage aux heures de pointe. Nom de l’opération: "Chasseur de bouchons".

Moins de voitures sur la route = moins de bouchons

Ce dispositif part en effet d’un constat simple: moins il y a de voitures sur la route, moins il y a de bouchons. "La formule permet de réduire la congestion automobile de 6 à 8%", expliquait l’année dernière au Monde Bernard Matyajasik, ancien directeur du programme Smart Cities d’Egis, la société des Yvelines qui a développé la solution technique de ce "péage positif", comme le qualifie Le Monde.

Les automobilistes volontaires s’inscriront sur une plateforme. Un boitier de géolocalisation devrait alors être installé dans leur voiture pour comptabiliser chaque trajet non réalisé.

Un projet piloté par le Grand Paris

Cette première expérimentation en Ile-de-France se cantonnera au quartier du Trapèze, près de l’île Seguin à Boulogne, et non loin de la Porte de Sèvres, lieu dense côté trafic. Le but est de désengorger les rues où se tiendront prochainement les travaux de la future ligne 15 du métro Grand Paris Express. Les tests de ce dispositif sont d’ailleurs pilotés au niveau directement de la Société du Grand Paris, dans le cadre d’appel à projets pour favoriser la mobilité dans la métropole. Les entreprises du quartier seront chargées de sensibiliser leurs salariés sur le dispositif pour recruter le maximum de volontaires.

Déjà en place à Rotterdam

La société Egis applique depuis 2008 à Rotterdam, aux Pays-Bas un dispositif similaire. La seule différence tient dans le système technique du "chasseur de bouchons" néerlandais. Pour identifier les participants au dispositif, des caméras repèrent en effet les voitures lors des pics de circulation. Les propriétaires sont ensuite contactés par Egis pour installer des boîtiers dans les véhicules et leur proposer de participer au dispositif. En 2017, le trafic aurait baissé de 17%, soit 230.000 véhicules de moins chaque jour sur les routes, selon le magazine Consoglobe. Les automobilistes volontaires touchent à Rotterdam un peu plus qu’à Boulogne: 3 euros par trajet non effectué.

Pauline Ducamp