BFM Auto

Opel Ampera-E, cette star du Mondial que personne n'a jamais pu acheter

L'Opel Ampera-e au Mondial de l'Auto 2016

L'Opel Ampera-e au Mondial de l'Auto 2016 - Wikimedia

A la veille du Mondial de l’Automobile 2018, nous revenons cette semaine sur les grandes annonces de l’édition 2016, afin de mesurer les changements rencontrés par le secteur automobile depuis 2 ans. Opel présentait alors un véhicule 100% électrique prometteur: l’Ampera-e. Sauf que le futur best-seller n’a jamais vraiment été commercialisé.

En 2016 au Mondial de l’Automobile de Paris, l’électrique était déjà sur toutes les lèvres. Et pendant que le colosse Volkswagen encore fragilisé par le Dieselgate dévoilait un concept-car, une marque généraliste pouvait se vanter de présenter une vraie voiture zéro émission, prête à inonder le marché avec une autonomie suffisante pour rassurer les plus effrayés par le passage du réservoir de carburant à la batterie. Ce modèle, c’était l’Opel Ampera-e.

Un modèle très prometteur...

En 2016, l'Ampera-e est clairement la star du stand de la marque au Blitz, avec sa belle carrosserie jaune. Le tout dans un décor dédié avec des plantes et panneaux solaires pour faire écolo. Dans le fond, une grande fresque évoquait son autonomie de 500 km en retraçant son récent trajet Paris-Londres sur une seule charge comme preuve de ses capacités record. Quelques mois plus tôt, on se réjouissait déjà à l’avance de prendre le volant de cette voiture capable de se conduire avec une seule pédale. En Europe, c’est finalement la Nissan Leaf deuxième génération qui lui volera la vedette un an plus tard avec ce même principe rebaptisé e-pedal.

En 2011, l’hybride Opel Ampera se présentait comme la version européenne de la Chevrolet Volt. 5 ans plus tard, l’Ampera-e était bien partie pour reprendre la même formule, en tant que version rebadgée de la Chevrolet Bolt 100% électrique. Opel était encore une marque du groupe General Motors (GM) et pouvait ainsi bénéficier de synergies avec le géant américain.

... mais condamné par le deal GM-PSA

Mais tout n’allait pas se passer comme prévu. Premier mauvais présage lors de la conférence de presse du Mondial: aucun prix n’est pas annoncé. Pas de panique toutefois, il est courant que les tarifs sur les différents marchés nationaux ne soient communiqués qu’au dernier moment. On parle alors d’une sortie au premier semestre 2017… qui ne se concrétisera jamais.

Sauf qu’en ce début d’année 2017, on assiste finalement à un grand changement stratégique. Le rachat d’Opel par PSA laisse un flou sur les ambitions électriques de la marque allemande. Les ventes de ce modèle se limiteront donc à un nombre assez limité d’exemplaires et sur certains marchés. Récemment, on découvrait d’ailleurs que Coca-Cola en avait 100 exemplaires pour sa filiale norvégienne, en faisant une édition très collector.

Plutôt que de vendre un véhicule sous licence, PSA préfère désormais se concentrer sur sa propre offre électrique naissante. A ce Mondial de Paris 2018, on pourra d’ailleurs découvrir les premiers modèles électrifiés du groupe: le DS3 Crossback dans sa version e-tense 100% électrique, le DS7 Crossback en hybride rechargeable, tout comme un prototype du Citroën C5 Aircross.

Dommage, celle qui semblait pourtant bien partie pour en découdre avec la Tesla Model 3. ne livrera finalement pas bataille en terre européenne. Mais avec une armada de modèles à venir, notamment des marques premium allemandes, la berline compacte américaine, dont les livraisons devraient bientôt démarrer de ce côté de l'Atlantique, ne devrait pas manquer de concurrents.

Julien Bonnet