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Les modèles diesel résistent sur le marché de l’occasion

Les voitures diesel ne sont pas invendables en occasion, c’est ce qui ressort de plusieurs études sorties ces dernières semaines.

Les voitures diesel ne sont pas invendables en occasion, c’est ce qui ressort de plusieurs études sorties ces dernières semaines. - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Les modèles diesel représentent encore 62% du marché de l’occasion. Si le marché recule doucement, les prix se maintiennent. A condition de ne pas se montrer trop gourmand et de ne pas vendre sa voiture en ville.

Les voitures diesel ne sont pas invendables en occasion, c’est ce qui ressort de plusieurs études sorties ces dernières semaines. Le scandale Volkswagen, mais surtout les restrictions de circulation dans certaines agglomérations et la hausse du prix du gazole en France, ont détourné beaucoup de consommateurs des modèles diesel, lors de l’achat d’une voiture neuve. Mais alors qu’un certain flottement a pu être observé ces dernières années, la rationalité semble revenue côté acheteurs comme côté vendeurs sur le marché de l’occasion.

Des prix du diesel qui se maintiennent

62% du marché repose toujours sur les modèles diesel, comme le rappelle le dernier baromètre du site spécialisé AutoScout24. Et dans certains segments, cette part peut grimper à plus de 80%, par exemple chez les monospaces compacts, ou les petits SUV. Les ventes de diesel reculent doucement (-2,18%), suivant avec trois ans de décalage le recul des ventes sur le marché du neuf. Mais la chute n’est plus drastique, et surtout les prix se maintiennent.

Comme en neuf, un diesel d’occasion coûte généralement plus cher à l’achat. Même si les écarts de prix entre essence et diesel se sont réduits à la revente. Par exemple, il faudra débourser 446 euros de plus pour une polyvalente diesel (type Peugeot 208 ou Renault Clio), que pour une essence. L’Argus, qui a calculé ses valeurs, souligne qu’en 2017, l’écart était de 872 euros.

Sur des modèles plus gros, comme des SUV familiaux, les écarts restent plus importants: 1119 euros par exemple pour des modèles comme des Nissan Qashqai, ou des Peugeot 5008. Ces véhicules, amenés à transporter famille et bagages sur de longs trajets, se révèlent plus efficients en diesel.

Point important: ces différences de prix entre essence et diesel ne devraient plus beaucoup varier. Autoplus se montre ainsi rassurant. Le magazine spécialisé a calculé à 3 ans la décote d’une trentaine de modèles neufs, et les décotes entre essence et diesel sont similaires. Par exemple, 47% sur une Golf, essence ou diesel. Il faut cependant plus de temps désormais pour rentabiliser l’achat d’un diesel neuf: 90.000 kilomètres, contre 50.000 en 2012. Mais les clients semblent désormais adapter le choix de telle ou telle motorisation selon leur usage (urbain, gros rouleurs), et plus sur le culte de l’achat du diesel à tout prix.

Les petites voitures, de bonnes affaires ?

Autoplus rappelait il y a quelques semaines que sur les segments des compactes récentes et des citadines un peu plus anciennes, les vendeurs avaient peu de marge de manoeuvre sur les prix. "Aujourd’hui, les citadines et compactes de 2 à 5 ans se négocient au prix des essence, jamais plus, peut-on lire dans le numéro d’Autoplus du 21 juin. Les petites voitures diesel, plus toutes jeunes, font peur aux citadins".

A contrario, ces modèles représentent souvent une bonne affaire pour les acheteurs, notamment ceux qui vivent loin des agglomérations. Mieux vaut ne pas essayer de revendre une voiture diesel en Ile-de-France par exemple: 42% des clients y achètent des essence.

D’autres automobilistes font eux le choix de la location longue durée sur des modèles d’occasion.

"Il existe aujourd’hui une’ incertitude sur la fiscalité, sur la législation, les clients ne savent pas à quel tarif ils revendront leurs voitures. En louant, il y a un transfert du risque sur le professionnel", nous explique Anthony Glotin, directeur des partenariats chez Aramis Auto.

La signature d’un contrat cette année pour 3 ans laisse une certaine marge de manœuvre, notamment en région parisienne. La mairie de Paris ne compte interdire totalement les diesel dans la capitale qu’en 2024.

Pauline Ducamp