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Les Français regrettent leur voiture diesel

Selon une étude de l’Argus, plus des deux tiers des Français passés à l’essence trouvent que leur voiture essence consomme plus. Ils sont presque 30% à vouloir revenir au diesel.

Le diesel n’est peut-être pas mort. Selon une étude du magazine spécialisé L’Argus, publiée ce mercredi, 70% des automobilistes qui ont acheté une voiture essence dans les trois années précédentes regrettent leur choix. En cause: la consommation de ces modèles, plus gourmands par nature que les modèles diesel.

Des essence qui consomment plus que les diesel

"Un litre de sans-plomb contient moins d’énergie qu’un litre de diesel, donc vous consommerez plus en essence, explique au micro de RTL Thibaut Frank, journaliste à L’Argus. Sur une berline, les écarts sont de 15 à 20%".

La consommation plus élevée des véhicules essence se fait surtout sentir sur les SUV, plus lourds que les berlines, et donc plus gourmands. Par exemple, sur le premier SUV vendu en France depuis le début de l’année, le Peugeot 3008 (25.909 exemplaires écoulés entre janvier et avril, selon le CCFA), l’écart est d’un litre aux 100 kilomètres, entre essence et diesel, à motorisation et finition équivalente.

Le 3008 avec un moteur essence Puretech 130 chevaux consommera 5,1 litres aux 100, selon les données officielles Peugeot, contre 4,1 litres, pour le moteur diesel BlueHDi 130 chevaux. Malgré l’alignement des prix, via la hausse de la taxe carbone sur le gazole, et des moteurs essence de plus en plus économes, rouler au diesel reste donc intrinsèquement moins onéreux, surtout pour ceux qui font beaucoup de kilomètres dans l'année.

Près de 30% des automobilistes pourraient repasser au diesel

Les ventes de voitures diesel se sont effondrées depuis 2014, en Europe mais surtout en France, gros marché du diesel depuis les années 80. Le diesel représentait alors 64% des ventes de voitures neuves. Entre janvier et avril 2019, seuls 34% des voitures neuves vendues en France étaient des diesel.

Cette tendance pourrait-elle s'infléchir? Selon le sondage de l’Argus, 28,8% des propriétaires d’essence insatisfaits pourraient passer, ou repasser, au diesel. Ils ne sont que 20% à envisager un modèle hybride, ou électrique. Au-delà du coût encore avantageux lors des passages à la pompe, les véhicules diesel posent cependant des questions quant à leur prix de revente, ou leur possible interdiction dans de grandes agglomérations, comme Paris. Ils sont aussi plus onéreux à l’achat neuf, comme en entretien. Pour un gros rouleur, à partir de 15.000 kilomètres par an, le choix d’un diesel est intéressant.

Pauline Ducamp